Alger - Revue de Presse

Pénurie de blé et excès du marché



La récente nomination, entre autres, selon des critères bien définis liés aux nouvelles exigences de la finance internationale, de l?ex-socialiste français et non moins éminent économiste Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI, est intervenue dans un contexte traversé, justement, par des tensions économiques mondiales et financières «euro-dollaresques».Celles-ci vont s?intensifier au cours des prochaines années, prédisent d?une seule voie cette semaine les organismes superviseurs mondiaux en la matière. Parmi elles, le risque d?une crise alimentaire intercontinentale terrible, alertent-t-on, manifestant ses signes avant-coureurs aujourd?hui, et, qu?elle serait lancinante à moyen terme et surtout atteindrait le point de non retour, en terme de détresse, dans le long terme. En fait, la fameuse arme alimentaire en grande manoeuvre. Pour la Banque mondiale, le FMI, la FAO?, cet état de fait est, plutôt, causé par plusieurs facteurs conjoncturels et surtout structurels, indiquent-t-ils, et, qui ont surgi comme ça et d?un seul coup, au niveau des marchés mondiaux, perçoivent-ils. Les hausses déchaînées des prix de céréales, notamment les blés, constituant les aliments de base de l?ensemble de la population mondiale, « inquiètent » ces organismes en termes de besoins croissants, en ce produit, qui vont du simple pour certains pays aisés et diversement alimentés, a leur triple et même plus pour les autres moins nantis, piètrement nourris, et, dont beaucoup sont carrément menacés de famine. En effet, ces dernières années, et parallèlement à la hausse des prix des hydrocarbures, notent certains observateurs - il est fort utile de retenir cette remarque -, leurs cours ont augmenté d?une façon vertigineuse. Dans ce même ordre d?idées, si le prix du pétrole dépasse la barre de 100 dollars le baril - 113 en fin de semaine -, le blé, quant à lui, coûte globalement prés de 7000 dinars le quintal pour notre pays a-t-on estimé, soit 87,5 dollars environ.Il est fort probable qu?il atteindrait, dés l?année prochaine, des cimes imprévisibles voire dépasserait celui du baril de pétrole qui, peut-être, de son coté dégringolera. Les excès du marché ont, en effet, leurs propres travers. Tous les marchés et pour tous les produits. C?est ainsi. Ce serait, en quelque sorte, la belle revanche de l?or vert contre le noir. Qui sait ? D?ailleurs il le talonne, déjà, par le biais d?autres végétaux huileux, en ?biocarburants ! Ce qui devrait susciter, en principe, les pouvoirs publics du pays à prendre les précautions et mesures nécessaires planifiées à court, moyen et long terme, permettant de mettre en place une politique céréalière pertinente, forte et durable dépendant efficacement du marché interne, au lieu des excentricités de l?externe.En effet, ces tensions s?inscrivent - il ne faut pas se laisser bercer - dans une logique de recomposition des mécanismes superviseurs, de la stratégie alimentaire mondiale, aux nouveaux objectifs bien ficelés. En attendant, et d?après des organismes avertis sur le sujet, il parait que l?offre céréalière a atteint ses limites par rapport à la demande mondiale croissante. A ce sujet, ils ont mis en exergue plusieurs points d?appuis d?analyses largement médiatisées, relayées pêle-mêle par les médias des pays importateurs - dont le nôtre - essayant d?expliquer les tenants et aboutissants de cette dangereuse situation, dont nous essayerons de synthétiser les éléments dominants qui ont été mis en avant. A savoir, le changement climatique, la faiblesse des rendements au niveau des grandes zones céréalières mondiales, des coûts élevés de production dont les engrais et les pesticides parait-t-il, la progression de l?utilisation des biocarburants - ne touchant cependant pas les blés -, et bien d?autres facteurs « limitants » liés à l?offre bien évidemment. En un mot, une impasse dans les sens du terme. Par contre, ils ne signalent nullement l?encouragement protectionniste appliqué par le biais de jachères multiformes, entre autres mesures d?appuis, allant jusqu?aux subventions substitutives, que certains pays provisionnent sans ambages au profit de leurs céréaliculteurs, ni d?états d?âme par ailleurs de la part d?intermédiaires puissamment organisés aussi bien du coté professionnel, que de celui boursier. Ce qui a engendré, ces toutes dernières années, l?augmentation des prix des produits alimentaires de base dont les blés, le lait, le riz? et même le café pourtant en production et stock, excédentaires, entre autres. Le tout, s?engouffrant ainsi dans la spirale concurrentielle excessive allant crescendo mais bien régulée, pour le moment, au profit des pays producteurs aux dépens de ceux consommateurs. C?est comme si ces derniers étaient en train de casquer, en vrac, la lourde « facture protectionniste » cumulée depuis des décennies par les premiers. C?est ainsi ! A ce titre, un riziculteur du sud de la France, interviewé dernièrement par TV5 sur le sujet, n?a pas caché sa joie de voir les prix doubler en la matière et espère plus ! Cela reste valable pour tous les producteurs agricoles des pays nantis s?en fichant complètement des préoccupations humanitaires. (1) L?Australie et le canada, pourtant grands pays producteurs de céréales, se sont retrouvés cette année moins fournisseurs que par le passé, a-t-on annoncé leurs exportateurs, et, lèse donc, par contrecoups certains pays asiatiques dont notamment la?Chine dont le mode et niveau de consommation alimentaire, changent d?une année à l?autre. Décidemment l?année 2008, pour les Chinois, est celle de toutes les « colères des gardiens de l?olympe ». Notre pays est approvisionné, en la matière, par l?Europe et l?Amérique du nord ainsi que, irrégulièrement et conjoncturellement, par d?autres pays. Une diversification partenariale désigne-t-on. En tout cas, celle-ci ne diminue en rien nos soucis et ne constituerait en rien un palliatif de nos lacunes. En rien ! En effet, bien que nos limites agropédoclimatiques soient manifestes, la solution resterait inévitablement dans nos propres capacités ou à promouvoir, afin d?attrouper de nouvelles formes d?exploitations des terres céréalières et surtout d?exploitants céréaliers performants du niveau des dangers se pointant à l?horizon. L?année 2007, considérée comme une année anormale en terme climatique, s?est transformée miraculeusement en campagne de production record pour les céréales, toutes espèces confondues. La dernière mesure, du département gouvernemental chargé du secteur agricole visant à multiplier par trois le prix d?achat du blé local, s?inscrit dans ce sens. Aujourd?hu l?OAIC l?achète au prix de 2280 dinars, alors qu?au marché il est cédé à 3000 dinars en moyenne selon la qualité, en terme de panification, et les régions, et, que certainement son prix grimpera encore cette année. Donc, cette interventaire salutaire aurait due être vulgarisée bien avant, et, qu?assurément obtiendrait d?appréciables résultats dans un climat de confiance mutuel, ainsi établi, entre pouvoirs publics /producteurs de céréales. Aujourd?hui, bien que d?actualité et pertinente à plusieurs titres, elle demeure toutefois conditionnée par un effet d?entraînement qui reste à imaginer et surtout à concrétiser sur le terrain. Le niveau politico culturel et de pensée, de l?unique organisation paysanne et de ses filiales « professionnelles », restants toujours ancrés à l?esprit rentier aussi bien au plan du foncier agricole, de son mode de faire valoir, ainsi que des méthodes de sa bonification et de soutien à la production, ne plaident pas à l?optimisme dans ce sens. Un ensemble bloquant qu?il faut nécessairement désobstruer sans hésitation. Le pouvoir exécutif, à défaut d?une autre organisation professionnelle puissante et conséquente, doit s?appliquer totalement et adéquatement également. Et ce, pour l?intérêt de notre devenir agro rural, dans son ensemble, lié à notre stratégie alimentaire.A cet effet, et d?après les dernières déclarations du premier responsable du secteur, la superficie agricole utilisée entre 2000/2007 s?élève à 3,2 millions d?hectares au lieu de 3, 7 ha avant 2000, soit 500 mille hectares de moins ( ?). D?autres déclarations stipulent que 1,3 millions d?ha de terres supposées « marginales », en terme de productivité, dont cultivées en céréales, ont été valorisées affirme-t-on. Toute une valse de chiffres. L?année 2007 a été la plus représentative en la matière. En effet, considérée par le département concerné comme une année anormale, en terme climatique, elle s?est transformée miraculeusement en campagne de production record pour les céréales toutes espèces confondues. 43 millions de quintaux a-t-on recensé, de l?impressionnant, mais que seuls? 12 millions de quintaux, environ, ont été récupérés par l?Office des céréales. Un imbroglio de taille. Nous notons au passage, et d?après toujours les statistiques avancées ci dessus, que la production céréalière est ainsi en hausse malgré la diminution de sa sole. Que des paradoxes ! Cela est du à l?intensification culturale, argumente-t-on, alors que nous savons qu?une infime partie de céréaliculteurs font de moins en moins de labours préparatoires, utilisent peu les engrais et rarement les herbicides, entre autres intrants coûteux au demeurant, et, que s?ils étaient réellement associés et savamment conjugués, augmenteraient en effet les rendements à l?hectare. En principe !En réalité, la céréaliculture algérienne est caractérisée par un ensemble de facteurs s?imbriquant dans la complexité de tout ordre. Entre 1920 à 2000, la production a oscillé entre 5 millions de quintaux - la plus basse en 1945 - pour une population de moins de 8 millions soit 160 kg/ habitant/ an, a plus de 30 millions de quintaux - la plus haute en 1975 ainsi que de quelques campagnes récentes - pour une population estimée à moins de 17 millions d?habitants, soit 176 kg/habitant/an. Soit , d?après les normes établies, prés de 80% des besoins nationaux de l?époque, corroborés d?ailleurs par les importations qui s?élèvent, pour l?année en question, à 1411 millions de dinars, soit environ 176,375 millions de dollars au cours actuel. En 2007, la production ne couvre que 50% des besoins - soit 122 kg/habitant/an au lieu du double donc - a-t-on bel et bien annoncé pour une population estimée à 35 millions d?habitants consommant plus - surtout gaspillant - que ceux des décennies précédentes. Ce qui laisse comprendre que l?Algérie doit produire 86 millions de quintaux pour atteindre l?autosuffisance alimentaire en la matière. Comme relativement en 1975(2). Est-ce possible, avec des milliards de dollars d?importation en la matière et des centaines de milliers d?ha en jachères inexpliquées ? Là est toute la question !Nécessairement, et en tenant compte d?autres facteurs limitants, seuls 2 millions d?ha irrigués - barrages forages -, et irrigables - par les eaux d?épandage de crues - notamment dans les macro et micro impluviums intra collinaires de l?atlas saharien ; pourraient produirent 60 millions de quintaux, avec un rendement de 30 quintaux/ ha Et à 40 quintaux/ ha - et pourquoi pas plus - on frôlera l?indépendance alimentaire uniquement pour les blés et les orges en rotation intensive. En ce qui concerne l?affourragement du bétail - ovin, bovin laitier notamment -ce serait pas moins de 500.000 ha d?ha conduit également en irrigué et irrigable. Le tout, en tenant compte, bien évidemment, de l?évolution démographique, du mode de consommation, de la mise à niveau de telles exploitations, et, surtout du patrimoine foncier lié à une bonification des terres par un système d?assolement rotation performant et amendant dont les légumineuses, pois chiche, lentilles notamment, auraient une place de choix. Le recensement général de la population, le cinquième du genre depuis 1962, qui a démarré hier, avec d?énormes moyens humains et matériels, est une opportunité de premier plan pour établir, sur la base d?éléments fiables et de repères socio-territoriaux édifiants, une stratégie nationale de développement dans tous les secteurs de la vie nationale. En principe !  L?avenir politico culturel du pays se trouverait, certes, dans le développement des grandes villes et agglomérations urbaines à semi-urbaines, liées au développement humain multivalent. Celui de la dépendance alimentaire se situerait, quant à lui, inévitablement dans un puissant aménagement imaginatif et judicieux des terroirs liés intimement aux activités agricoles et para agricoles qui demeurent prépondérantes dans tous les cas de figure. Se délester, pour des raisons de convenance sectorielle injustifiée, de ces attributs originels, fondateurs d?une ruralité éminemment productive et doublement utile en terme de développement et croissance durable des ressources matérielles et immatérielles, relèverait d?autres conceptions incongrues car le n?ud gordien du devenir des ruraux, de l?occupation rationnelle et du développement de leur environnement, se trouve bel et bien dans cette dualité, à plusieurs titres, ci-dessus esquissée. L?harmoniser dans le bon sens, tel est l?objectif principal sur lequel devrait s?atteler la politique aménagiste du territoire national touchant tous les aspects en la matière. A ce titre, le recensement général de la population, le cinquième du genre depuis 1962, qui a démarré hier, avec d?énormes moyens humains et matériels, est une opportunité de premier plan pour établir, sur la base d?éléments fiables et de repères socio territoriaux édifiants, une stratégie nationale de développement dans tous les secteurs de la vie nationale. En principe !En vérité, c?est comme ça qu?il fallait poser, entre autres, les enjeux au départ, et, surtout de se donner les moyens de sa politique non pas seulement en dollar ou en euro qui dispatchés, à tort et à travers, engendrent des réflexes rentiers généralisant ainsi les impacts à bulles de savon. En revanche, il serait pertinent de faire associer, à tous les niveaux, les capacités intellectuelles en jachères, notamment éprouvées, conjuguées à celles des ambitions, des jeunes générations, étouffées par divers mécanismes décourageants malgré les multiples aides, certes, mais surchargées de conditions d?accès, justement, et excessivement sélectives - sectaristes pour ainsi dire - en terme d?aboutissement. Par conséquent, l?activité agro rurale, dans son ensemble, nécessite des méthodes d?approches spécifiques et surtout de choix stratégiques, décisifs, et, privilégiant, avant tout autre chose, le développement des produits agricole nobles. Ils sont assez connus. Comme de l?or, dans les marchés financiers mondiaux ! Et c?est dans cet état de perception des choses, justement, qu?il serait opportun de faire susciter à l?intention des jeunes ruraux, notamment, le goût de s?aventurer dans la ruée de l?or au lieu de celle les menant vert la mort, aussi bien morale que physique ! Tout le reste n?est que fouillis, formules de développement abracadabrantes, chiffres insensés et paroles salonardes en l?air. Car, comme disait le célèbre mathématicien Henri Poincaré -1854/1912 : « On résout les problèmes qu?on se pose et non les problèmes qui se posent ». Elémentaire à première vue. A l?état actuel des choses, nous les posons de moins en moins du simple fait qu?ils nous assaillent quotidiennement. En dilapidations inqualifiables (3), comportements vicieux et cachotteries douteuses, contradictions et mensonges, auto encensement et faux-fuyants agaçants?. qui ne mèneraient en fin de compte à rien de salutaire. Au contraire ! Pourtant, il suffirait d?avoir de bonnes inspirations dépourvues de fioritures trompeuses et de « partisanerie » outrageuse. Et, que pour s?orienter dans le sens de cet état d?esprit ainsi assaini, il suffirait de reconsidérer courageusement les anciennes, et, de les mettre à nu afin de se crédibiliser et, a partir de là, de tenter de convaincre les gens. Toute une moralité à acquérir. Celle qui fait les grands clercs d?un Etat qui se respecte et serait respectable. Il est manifeste, de par nos pesanteurs et médiocrités de toutes sortes, hélas, qu?on est encore loin de ce niveau d?état d?esprit, malgré tous nos efforts pour s y rapprocher, depuis bientôt un demi-siècle. Hélas !!  NOTES1- Lors de la réunion, en début de cette semaine, des ministres des Finances des pays dits du G 7, et, en la présence de la BM, FMI, et autres clubs liés?, les USA, par la voie de leur représentant, ont exhorté les membres de ce groupe de se préoccuper, en priorité absolue indique t-il, de la stabilité des marchés financiers «quoi qu?il en coûterait » insista-t-il.Une injonction bien significative, comme l?exige la stabilité du dollar dans lesdits marchés boursiers, semble faire allusion cet argentier.2- Tous les chiffres, contenus dans le texte, sont référenciés.3- Dans son édition du15/04/2008 page09, le quotidien El Watan rapporte, de source proche du gouvernement, que des experts étrangers encaissent jusqu?à 1000 euros par individu et par jour, pour des études sur le redéploiement des?.entreprises publiques algériennes ( ?).Sans commentaire !
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