
Cinquante-sept tableaux ornent les murs du musée. Ils offrent une idée d'ensemble sur la vision qu'a le plasticien de l'art pictural, en général et de la vie, en particulier. Les tableaux d'hommes, de femmes et d'enfants, représentés dans des postures différentes les une des autres - et sans titre - sont, selon le plasticien, « une méditation sur le sens de notre devenir commun ». C'est une technique qui offre la possibilité au public d'en choisir. Dans l''uvre picturale de Tatah, la présence du silence et de la solitude dans l''uvre du plasticien est prépondérante. Djamel Tatah peint l'Etre dans son mal-être et traduit la souffrance, la peine et les chagrins des âmes tourmentées. Certains tableaux réalisés avec de la cire sur toile et bois sont une véritable interrogation sur la vacuité et l'insignifiance des choses. Avec une technique qui lui est propre, le peintre donne vie à une 'uvre parfois inspirée directement de son entourage. C'est une peinture de réception. L'artiste peintre a consacré deux tableaux à sa femme rencontrée dans les années quatre-vingt-dix. L''uvre du talentueux plasticien est aussi marquée par l'inexistence de référents temporel ou spatial, à l'exception de quelques toiles inspirées des évènements tragiques qu'a vécus le pays pendant la décennie noire. « Les femmes d'Alger », par exemple, traduit de fort belle manière le tourment qui rongeait le peintre au moment où des vies humaines étaient cisaillées par le terrorisme. Une tristesse incommensurable obscurcit les visages de ces femmes, frêles silhouettes, presque effacées. Une toile expressive montre des personnes entassées les unes sur les autres. C'est un tableau qui souligne l'atrocité de la guerre et des conflits qui secouent le monde et qui, surtout, coûtent la vie à des milliers d'innocents. Cette toile est une dénonciation de la barbarie sous toutes ses formes. En outre, les portraits, froid et silencieux, mettent en avant des personnes méditatives qui s'interrogent sur le sens de l'existence et du devenir de l'humanité. Le plasticien traite également du sentiment de déréliction tragique de l'homme. Les figures posées au sol sont la version apaisée d'une horizontalité plus fondamentale et plus négative qui est celle de la mort. Djamel Tatah pense, par ailleurs, que son expérience de la peinture tente d'être une expérience du partage. Une vision qui rencontre une autre. C'est peut-être cela la grâce de l'art, réussir à faire quelque chose accessible à quelqu'un d'autre. « Cette simplicité est difficile et, parfois, dure pour le peintre, parce qu'il peut y avoir beaucoup d'incompréhension », précise-t-il.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel O
Source : www.horizons-dz.com