Alger - Revue de Presse

Partis politiques L'amendement de la loi électorale ne fait pas l'unanimité



Pour les uns, c'est un sévère coup porté à la démocratie, pour d'autres, il s'agit d'une décision «sage» qui répond aux aspirations et aux attentes du peuple exprimées par la voix des «grands partis politiques».  La première lecture faite de la dernière décision concernant l'avant-projet de loi modifiant et complétant la loi électorale 97-07, adopté en Conseils du gouvernement et des ministres, diverge d'une formation politique à une autre. Pour bon nombre d'observateurs, en endossant cet avant-projet de loi, les pouvoirs publics ont déjà enclenché le processus «d'assainissement» de la scène politique. Les nouvelles règles de jeu, et les «mesures draconiennes» qu'impose une telle modification, sont de l'avis de ces mêmes observateurs, une fin annoncée des partis dits «microscopiques».  Pour le RND et le FLN deux des principaux partis de la coalition présidentielle, l'avant-projet de loi est objectif et logique, car, les amendements répondent aux souhait des Algériens. «C'est là un appel maintes fois réitéré par le RND, qui avait souhaité qu'une telle décision soit prise avant les élections locales. La révision de la loi électorale permettra de mettre un terme à l'anarchie caractérisée par l'apparition de formations que lors des rendez-vous électoraux» indique M. Miloud Chorfi, le porte-parole du RND qui ajoute que «cette anarchie est suscitée par le facteur argent ce qui a mené à la dispersion au sein de l'APN et à la perte de plus de 40 % des voix exprimées qui ont été accordées aux centaines de listes». Tout en affirmant que sa formation n'est pas pour la dissolution des partis politiques, M. Chorfi souhaite conditionner leur existence par les résultats obtenus lors des élections, ce qui, selon ses dires, constitue une norme universelle. «Je pense que la scène politique connaîtra d'importants changements politiques, car cette révision n'est pas le fruit de bas calculs politiciens, mais exprime un souhait de la population algérienne» souligne le porte-parole du RND. C'est aussi l'avis de M. Said Bouhadja porte-parole du FLN qui rappelle que son parti a été l'un des premiers à avoir appelé à une révision de la loi électorale. «Il ne s'agit nullement d'une atteinte à la démocratie, car finalement c'est au peuple que revient le choix, un choix qu'il avait clairement exprimé lors des dernières législatives. Bien avant les législatives nous avons clairement souligné que notre priorité est de réviser la loi électorale et d'annuler le scrutin à la proportionnelle pour les élections communales» dit M. Bouhadja, pour qui, un tel amendement permettra de lutter contre le phénomène de la vente des listes de candidats, l'émiettement des voix avec des partis pléthoriques sans assises populaires, et une meilleure gestion des assemblées élues. Les partis dit «petits» se défendent d'être des partis d'occasion. Pour ceux que nous avons contacté, il ne s'agit ni plus ni moins que d'une tentative d'étouffer l'un des principaux acquis de la démocratie en Algérie. «C'est une atteinte à la démocratie et au pluralisme politique. On ne peut demander à des partis politiques d'être constamment présents sur la scène, lorsque ces mêmes partis qui sont à l'origine de ses amendements, usent de tous les moyens pour fermer le champ politique, aux autres. «dira le secrétaire général du MEN M. Boukhezna, qui rappelle que l'histoire ne pardonnera pas à ceux qui «recourent à l'exclusion, pour des calculs politiciens». Plus fort, Mme Mahdjoubi Chalabia, la présidente du MJD, affirme que la révision de la loi électorale encouragera davantage la fraude électorale. «C'est la démocratie qui prend un sévère coup. Ce sont ces partis qu'on appelle petits, qui ont mis les institutions sur rail, alors que l'Algérie vivait l'une de ses plus graves crises. C'est ces mêmes partis qui se sont opposés au terrorisme durant la décennie noire» souligne Mme Chalabia, qui indique en passant que la grandeur des partis ne se mesure pas par le nombre de ses adhérents ou des voix obtenues mais par les idées qu'ils véhiculent.» On veut tout simplement fermer la porte à la démocratie» conclut la présidente du MJD.
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