Alger - Revue de Presse

Ouyahia homme de débat ?



Dansson discours inaugural du congrès du RND, Ahmed Ouyahiaa énoncé les «vérités» dont il a dit qu'il faut avoir le courage de lesaffronter.

Pourle secrétaire général du RND, redevenu chef du gouvernement, elles sont à lafois que «l'Algérie est gravement dépendante de ses recettes pétrolières»malgré les progrès réalisés durant cette décennie, que «des jeunes Algériens, acculéspar le désespoir, sont contraints au suicide à travers les mers», que «certainss'attellent à amasser des fortunes mal acquises» et «qu'il existe unebureaucratie pesante qui ne s'adapte pas aux réformes pour se mettre au servicedu citoyen et ne réalise pas encore la nécessité cruciale de faciliterl'investissement». La solution à ces problèmes ne réside pas, selon Ouyahia, dans «les débats idéologiques, ni dans le replisur le passé et encore moins dans le renoncement à notre identité par mimétismeou à la course dogmatique vers le futur».

Ilest étonnant mais intéressant que le secrétaire général du RND ait, sur la basede ce constat, fait la proposition d'un «débat politique» devant servir de«consensus pour reconnaître nos faiblesses et mieux exploiter nos moyens». Venantde la part d'un responsable dont l'ouverture aux autres (surtout si leursopinions divergent avec la sienne) n'est pas la vertu cardinale, il y a de quoieffectivement être saisi par cette proposition.

L'onveut bien croire néanmoins que Ouyahia a enfincompris et admis que la solution des problèmes du pays n'est pas du ressortd'une seule personne ou d'un seul courant politique ou partisan, mais del'ensemble des Algériens. En tant que chef du gouvernement, il est en situationde concrétiser sa proposition de «débat politique».

Despersonnalités nationales, des compétences reconnues et des formationspolitiques aux sensibilités différentes ont avec récurrence souhaitél'organisation de cette sorte de débat qui a pour avantage, comme l'espèred'ailleurs Ouyahia, de pouvoir servir de déclencheurà la mobilisation des Algériens et à la véritable réconciliation avec eux-mêmeset avec leur patrie. Il n'y a aucun doute qu'elles répondront favorablement àune invite qui leur serait faite dans ce sens. Faut-ilencore que les termes, les conditions et les conclusions d'un pareil débat nesoient pas «pliés» avant qu'il ait commencé. Mais il est à craindre que lalucide et réaliste disposition d'esprit dont a fait montre Ouyahiadans son discours d'ouverture du congrès du RND, n'est assumée par lui que soussa casquette de responsable de parti et non sous celle de chef du gouvernement.

Iln'empêche que la classe politique et l'opinion publique devraient prendre actede ce qu'il a proposé et le mettre au défi de faire ce qu'il a dit. S'il nefait que cela pour les mois qu'il sera à la chefferie du gouvernement avantl'élection présidentielle d'avril 2009, Ouyahia enredorera à n'en point douter sa popularité, assurément entachée jusqu'à présentpar son penchant à accepter d'être «l'homme des sales besognes».


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