Ahmed Ouyahia excelle dans l'artde l'esquive et celui de botter en touche quand les questions qui lui sontposées le dérangent, parce que y répondre franchement l'obligerait à sedécouvrir, ce qui peut être la pire erreur pour un homme politique de sastature, dans le contexte national présent où la question de la succession quipointe pour 2009 fait débat dans tous les milieux et à tous les niveaux.Comme il fallait s'y attendre,les confrères présents au Forum de l'ENTV, dont le secrétaire général du RND aété l'invité, ne se sont pas fait faute de l'interroger sur le sujet. En guisede réponse à leurs interrogations, Ouyahia a noyé le poisson en essayantd'accréditer la fiction qu'il est prématuré d'aborder ce thème, du moment qu'ilreste quinze mois aux présidentielles, d'autant que le principal concerné, àsavoir le président Bouteflika, n'a encore rien fait connaître de sesintentions.La sincérité de sa réponse estsujette à caution parce qu'il nous paraît hautement improbable, voireimpossible que le patron du RND, dont la proximité avec les sphères de décisiondu pouvoir est un secret de Polichinelle, ignorerait les intentions deBouteflika et les prises de position qu'elles ont suscitées dans ces milieux.En ayant cela à l'esprit, l'onpeut se laisser aller à déduire que le flou entretenu par le secrétaire généraldu RND concernant la position de son parti par rapport à la question du soutienà la candidature de Bouteflika à un troisième mandat, est surtout destiné à ledémarquer de la «précipitation courtisane» dont le FLN aurait fait preuve enlançant d'aussi loin, par rapport à l'échéance des présidentielles de 2009, sacampagne en faveur de cette candidature.Dans une précédente analyse, nousavions sur le même thème suggéré que l'ancien chef du gouvernement saitparfaitement que la question de la succession est tranchée pour 2009. Et quepour avoir été un moment crédité d'être l'alternative désignée au cas où lasolution Bouteflika n'aurait pas été possible pour une raison ou une autre, ilne lui reste plus qu'à faire en sorte que son inéluctable ralliement à cedernier s'entoure d'un semblant de panache, consistant à ne pas apparaître plus«royaliste que le roi» en appelant au soutien d'une candidature que leprincipal concerné n'a pas encore évoquée et encore moins posée. Adoptant un profil attentiste qui contraste avec la«précipitation» avec laquelle Belkhadem a enfourché le cheval de la troisièmecandidature pour Bouteflika, le secrétaire général du RND pense ainsi préserverson image d'homme d'Etat dont les engagements ne doivent rien à lagesticulation politicienne, mais tout à des convictions arrêtées mettantl'intérêt national au-dessus de toute autre considération.Ce qui est certain, c'est que sonattitude entretient dans quelques salons algérois l'illusion que rien n'estjoué dans la perspective de l'élection présidentielle 2009. Ces milieux, qu'unetroisième candidature de Bouteflika révulse, s'accrochent à la fiction que siOuyahia ne se prononce pas sur le sujet, c'est qu'il «aurait été conseillé à nepas le faire».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com