Alger - Revue de Presse

Débat de zèbres sur la fin du pétrole algérien



La dernière sortie du ministre de notre pétrole a été toutà fait claire et parfaitement inutile : l'Algérie dispose encore de plus dequarante ans de réserves de pétrole et non d'une vingtaine d'années de sursiscomme il fut « colporté » par certains. La mise au point est d'une tellepréciosité qu'elle interpelle un débat sur les rimes. Il nous est donc demandéde ne pas nous inquiéter et de continuer à sourire et à s'adosser au sous-sol etpas à la terre, au Ciel et pas à la pluviométrie. Partant du principe quequarante n'est pas l'égal de vingt mais constitue son double, l'Algérie a doncencore quarante ans devant elle pour être indépendante du pétrole même si ellea déjà eu quarante ans depuis 62 pour prouver que l'indépendance n'a pas ététrès utile. Faut-il en rire ? Non, seulement le constater. Il y a desdéclarations officielles qui vous laissent figés dans les airs comme unvolatile impossible de par leur absurdité. Le ministre de l'Intérieur a bel etbien affirmé que « l'Etat » était au courant des projets d'attentats contre leConseil constitutionnel mais que cela n'a pas empêché l'attentat. Le patron dela police a lui aussi affirmé qu'il n'y a plus de place dans la police pour despoliciers incapables désormais, laissant conclure qu'ils ont été tolérés avantles attentats du 11 décembre dernier. Le ministre de l'Agriculture a lui aussiexpliqué que la crise de la pomme de terre n'existe pas puisque la pomme deterre elle-même n'existait presque plus. Sur la lancée, on peut donc affirmerfièrement, sans sentir l'absurdité du propos, que l'Algérie possède quaranteans de réserve et pas vingt. En quoi cela va résoudre la dépendance del'économie algérienne, déconnecter le baril d'avec le cerveau ou apaiser l'angoissede l'avenir avec vingt ans de plus plutôt que vingt ans de moins ? Personne nele dit. L'essentiel est dans la mise au point, pas dans son sens absurde. Lapanne sèche est là mais l'essentiel est qu'elle n'est pas pour demain mais pourle lendemain. Dans quarante ans, le ministre de notre pétrole ne sera pas là,ni lui ni le pétrole et personne ne sera responsable de cette déclarationpoétique. Que va-t-il nous rester ? Le même pays mais sans la faveur d'un sursis.Avant le pétrole nous étions colonisés. Pendant le pétrole nous sommes sansidées. Après le pétrole ?Nous aurons peut-être un ministre qui nous dira que lacrise a commencé il y a quarante ans. C'est-à-dire aujourd'hui. A l'heureexacte où nous avons répété que la crise sera dans quarante ans et pas dansvingt ans. Il y a des peuples, comme les Aztèques ou les cigales, qui regardentleur fin avec le mauvais bout d'une paire de jumelles. Le peuple croit toujoursqu'il a un Destin dans le casting des matières premières et n'aime pas qu'onlui répète qu'il peut mourir en glissant bêtement sur une marche en admirantdes nuages.
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