Benbitour veut une période de transition
Par contre, l’ancien chef du gou-vernement, Ahmed Benbitour, était bien là et a même, durant son intervention, revendiqué une période de transition. Participant au colloque du Mouvement de la réforme national (MRN) organisé, hier à l’hôtel Safir à Alger, autour de la problématique de l’abstention aux élections législatives, l’ancien chef du gouvernement estime que le salut du pays passe impérativement par «une période de transition». «Il faut une période de transition pour passer d’un régime autoritaire à un régime démocratique», explique-t-il devant un parterre de militants du MRN, en l’absence de figures politiques et nationales. Aux yeux de l’ancien chef du gouvernement, «il est impossible de passer directement à un régime démocratique». Selon l’orateur, «une période de transition est indispensable pour passer dans la sérénité à une démocratie». Et l’argument qui plaide en faveur de cette période de transition, selon le conférencier, est l’état dans lequel se trouve l’ensemble des institutions nationales.«Nous n’avons pas des institutions au sens propre du terme», estime-t-il. La première institution à essuyer les tirs croisés de Benbitour est l’Assemblée populaire nationale qu’il accable de plusieurs reproches. «La Constitution algérienne donne la possibilité aux députés de formuler des propositions de lois, or les partis, et plus particulièrement ceux de la majorité, n’ont jamais utilisé cette prérogative», explique-t-il, avant d’enchaîner avec l’adoption des ordonnances. «Le rôle principal des députés est le vote des avant-projets de loi, or ces parlementaires passent beaucoup plus de temps à adopter des ordonnances qu’à entériner des projets de lois», dit-il avec dépit. Aussi, l’adoption des lois des Finances, durant plusieurs années consécutives sur la base d’un prix du baril à 19 dollars par l’assemblée nationale, indispose au plus haut point le conférencier. «En 2005, la loi des Finances a été adoptée avec un prix du baril à 19 dollars alors que le prix moyen du baril culminait à 55 dollars et, en 2006, la loi des finances a été également entérinée à 19 dollars alors que le prix moyen du baril à cette époque était de 65 dollars», s’indigne-t-il. Pour Benbitour, les choses sont, dès lors, claires et «le parlement n’est qu’une façade démocratique». Les partis de l’Alliance présidentielle n’ont pas été non plus épargnés par l’intervenant. «L’Alliance présidentielle qui dit être pour la mise en œuvre du programme du président de la République se propose de soutenir et d’appuyer le projet de révision de la Constitution avant même qu’elle ne sache quel en sera son contenu», s’exclame-t-il. Et d’ironiser: «Si c’est cela le travail partisan!» La façon dont sont tenues les élections est également considérée comme un indice du fonctionnement institutionnel délétère. «Le régime dans notre pays a l’art d’organiser des élections pluralistes, que ce soit par fraude ou par d’autres procédés, sans pour autant apporter un changement», note-t-il. S’indignant de la situation des libertés en Algérie, Benbitour dénonce tout autant «le monopole exercé sur les médias lourds constitué par les pouvoirs publics». L’administration, la justice, les banques et le secteur économique dans sa globalité sont également vilipendés par le conférencier. «Il n’y a pas de croissance économique à un niveau souhaitée. Nos banques, nous savons comment elles sont et il y a une extension de la corruption», a-t-il indiqué avant de souligner que «nos institutions n’ont pas le niveau souhaité». Toutefois, de l’avis de l’ancien chef du gouvernement, il y a possibilité pour le pays de trouver le salut via une période de transition. D’autant que l’Algérie, contrairement aux autres pays arabes, a «les aptitudes et les ressources nécessaires, elle qui a menée une lutte pour son indépendance».
Djamila M.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com