Les dés sont jetés. Aux bruits de bottes qui nous montaient des sables du Sahel a succédé le choix terrible de la guerre. La montée en puissance de ce que l'on peut appeler, d'ores et déjà, un état de belligérance déclaré par Paris, soulève bien des interrogations. Sans coup férir, la France de Hollande a choisi l'option militaire. Sa guerre au Mali, si elle se confirmait dans la durée dans les jours et semaines à venir, a tous les risques de l'enliser dans un vrai bourbier. Tout le débat, ici, est concentré dans une seule question: entre l'option militaire et la solution politique, laquelle des deux fallait-il privilégier'
Dans son adresse aux Français, le président Hollande justifie son choix de la guerre par le danger que recelait le dernier mouvement des «troupes» d'Ansar Eddine de foncer sur les villes du sud du pays, contrôlées encore par le gouvernement. Il est clair que dans les calculs des stratèges français qu'il deviendrait, dès lors, plus difficile de les chasser à moins de mettre en péril la sécurité des populations civiles. Entre la France et les islamistes maliens, c'était la course contre la montre.
L'Elysée a informé, dès mardi, apprend-on, Washington et Alger de ses préparatifs de guerre. Paris vis-à-vis d'Alger, veut avoir les coudées franches en prétextant la volte-face des chefs d'Ansar Eddine qui ont violé le dernier accord d'Alger avant même que son encre ne sèche.
Il est vrai que la duplicité des islamistes, incités à agir par une officine étrangère mal déterminée, a suscité à Alger colère et réprobation qu'elle entend bien leur faire payer.
La carte de l'apaisement, longtemps jouée par l'Algérie, soutenue par les Etats-Unis, vient d'être sévèrement contrée par cette sortie de route qui s'apparente à une véritable trahison des engagements contractés par les représentants d'Ansar Eddine. Alger n'accepte pas d'être le dindon de la farce. Fallait-il peut-être lire dans le marc de café pour deviner les arrière-pensées de ceux que nous recevions les bras ouverts pour leur épargner les affres de la guerre'
Jusqu'ici, les Algériens, au fait du vrai discernement des enjeux, ont donné priorité à la paix. Mais avons-nous commis une erreur de diagnostic' L'Histoire est tragique. Elle se termine toujours mal car elle a souvent été une succession d'erreurs de calcul. Chose sûre, l'Algérie ne restera pas longtemps les bras croisés face à la montée des périls à ses portes, car nous ne voulons pas être laissés sur le bas-côté de la route...
Depuis 48 heures, la France a frappé au Mali. Elle a choisi le camp de la guerre. Le passage du diagnostic à l'acte est désormais le choix à faire si nous voulons encore éviter à notre pays de subir de plein fouet les effets d'une guerre qui génère de vrais dangers pour toute la région.
Notre silence n'a-t-il pas trop duré' Notre diplomatie est demeurée aphone. Muette. A croire que nous n'avons aucune emprise sur les événements. Notre position prête souvent à équivoque. Si nous nous considérons comme étant une véritable puissance régionale, nous n'avons, dès lors, guère besoin de nous interroger sur qui nous conseillera la voie à suivre, voire même qui nous donnera le «permis» de faire la guerre ou pas. Où allons-nous'
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ahmed FATTANI
Source : www.lexpressiondz.com