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De gros risques!



De gros risques!
La situation échappe désormais à Bamako qui a appelé à la rescousse la France où le président par intérim, Dioncounda Traoré, est allé plaider la cause de son pays mercredi dernier. Le président français, François Hollande, a saisi au vol la perche ainsi tendue, de même que la précipitation des évènements dans la région, pour engager l'armée française dans une aventure militaire incertaine.
Or, au regard du développement des événements, Paris apparaît comme le maître d'oeuvre de l'intervention étrangère au Mali à laquelle elle n'a cessé d'appeler. La France a, sans doute, déclaré que sa participation, si besoin est, se limitera à une «aide» logistique aux troupes de la Cédéao. On constate que le propos de Sarkozy hier, de Hollande aujourd'hui, n'était que tactique destiné, notamment, à rassurer Alger - laquelle a constamment privilégié la solution politique appelant à la négociation pour une sortie de crise - sur les intentions de la France dans son ancien précarré malien. Or, la France n'est pas totalement exempte dans la détérioration de la situation sécuritaire au Sahel en général, au Mali en particulier et la décision d'intervenir dans ce pays prise, certes, après l'évolution de la situation, ne fait que confirmer, a posteriori, ce fait. Ainsi, de la droite à la gauche en passant par l'extrême droite, la classe politique française était unanime à soutenir la décision de Hollande. Le secrétaire général du parti gaulliste UMP, Jean-François Copé, a dit à ce propos: «Il était grand temps d'agir» pour «entraver l'établissement d'un Etat narcoterroriste». Tiens donc! La France, rentrée dans les rangs, en tant que grande puissance, avait besoin de s'affirmer à la face du monde qu'elle pouvait encore intervenir aux quatre coins de la planète. C'est le prix de la reconnaissance par ses pairs. Comme les Etats-Unis qui avaient suscité des guerres en Irak et en Afghanistan - où la France y a joué ou joue les utilités - Paris «voulait» sa guerre de «référence». Elle a été - sous Sarkozy - le chef d'orchestre de l'intervention de l'Otan en Libye, elle fait tout - sous Hollande - pour qu'il en soit de même en Syrie. Ainsi, la France revient, militairement, au Mali par la grande porte, «à la demande» des dirigeants de ce pays. Soit! Or, la désagrégation de la situation dans le Sahel, et particulièrement dans le nord du Mali, est à tout le moins invraisemblable et découle au moins de deux faits: une occupation par les «jihadistes» islamistes de cette région, rendue possible par un concours de circonstances tout aussi inconcevable: la chute du régime libyen et la razzia faite, par les terroristes islamistes, sur l'arsenal libyen d'une part, la faiblesse remarquable d'une armée malienne d'opérette plus apte à se disputer le pouvoir que qualifiée pour défendre le pays. Faut-il noter aussi que Paris a «encouragé» le mouvement Azawad à proclamer «l'indépendance» du Nord avec le risque de partition du Mali' Mais ce que l'on peut observer est le fait que les forces interventionnistes dans le monde et la nébuleuse islamique et ses filiales terroristes se complètent parfaitement et chacun avait une mission à accomplir dans un contexte géostratégique particulièrement compliqué. Les Etats pourvoyeurs d'armes avaient besoin de ces groupes de fanatiques formés par l'Occident et entraînés à grands frais. Des moudjahidine afghans, armés par les Etats-Unis et financés par l'Arabie Saoudite, à Al Qaîda au Maghreb islamique (Aqmi) en passant par les taliban et Ben Laden (agent notoire de la CIA), la «nébuleuse» islamique (obscure uniquement pour le profane) a légitimé toutes les interventions de ces dernières années dans le monde. Aussi, la France pour retrouver un tant soit peu son lustre passé, avait besoin de prendre sur elle une guerre qui la remet dans le circuit des «grands». Mais ce prix, exorbitant, ce sont les populations locales qui vont le payer. Les Etats-Unis n'ont pas gagné la guerre en Irak - aujourd'hui au bord de la partition -, ils n'ont pas non plus éliminé les taliban afghans plus forts que jamais qui ne feront qu'une bouchée de l'armée afghane, une fois les Marines US partis. La France et son armée feront-elles mieux au Mali' On est enclins à en douter.
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