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Otage d'une vision idéologique



Otage d'une vision idéologique
Vérité - «L'histoire de l'Algérie est une tresse d'histoire et s'employer à en reconnaître une partie et à en nier le reste, s'avère une négation dangereuse.»
Même si le patrimoine est dans sa totalité négligé par les pouvoirs publics, et dans certains cas carrément à l'abandon devenant ainsi sujet à dégradation, il n'en demeure pas moins que des initiatives indépendantes 'uvrent à réhabiliter tous ses aspects et caractéristiques.
«Il ne faut pas non plus être négatif et dire que rien n'a été fait pendant ces cinquante années d'indépendance pour faire valoir notre patrimoine», dit Ouadi Boussad, et de rebondir : «Bien au contraire, il y a des hommes de valeur qui ont travaillé et travaillent toujours pour réhabiliter le patrimoine algérien, mais il est vrai que la ligne directrice qui a été choisie à l'indépendance était de considérer que le patrimoine a trait à la période islamique. D'ailleurs, Houari Boumediene disait : ''Je veux faire l'homme nouveau. Et c'est absurde, parce que là, on est dans ce raisonnement du fils qui va éduquer le père.'' C'est une conception aberrante, je dirai même fasciste. Car on nie tout en bloc ne privilégiant que quelques aspects de notre histoire qui correspondaient à l'idéologie dominante.» L'histoire de l'Algérie est une tresse d'histoire et s'employer à en reconnaître une partie et à en nier le reste, s'avère une négation dangereuse, parce qu'elle constitue une façon sournoise de dépersonnaliser complètement l'Algérie. Pendant longtemps, cette vision réductrice, nihiliste a dominé le discours politique.
«Mais malgré tout et contre cela, il y a eu des gens qui ont travaillé sur le patrimoine, mais toujours presque à contre-courant parce que ce qui intéressait les autorités c'est bien la période musulmane, le reste était leur dernier souci», fait-il savoir, et d'ajouter : «Ce qui intéressait effectivement le pouvoir, notamment à l'époque, ce n'était pas le patrimoine en tant que tel, mais une vue, une vision de l'Algérie tout à fait artificielle, qu'il voulait plaquer sur une réalité.»
C'est ainsi que «si on avait pris la mesure de l'importance du patrimoine, on n'aurait pas eu des villes inhumaines, une éducation de voyous, un manque de civisme, de culture...».
Autrement dit, le patrimoine constitue l'éducation civique, citoyenne, «l'homme moderne qu'on aimerait voir paraître viendra un jour. Mais il faut reconnaître quand même que ces cinq dernières décennies, il y a eu des choses qui ont été faites, mais très peu comparé à ce que l'on attendait à l'indépendance.»
Ainsi, il n'y a pas eu vraiment de progrès, le travail reste encore à faire. La preuve : La Casbah d'Alger. Cela fait cinquante années qu'elle tombe en ruine ' et ça continue ' et on n'est même pas arrivé à la restaurer. A chaque occasion, des voix s'élèvent pour dénoncer l'état actuel de la Casbah, seulement juste pour se faire entendre, mais sur le terrain rien n'est fait de façon concrète et sérieuse.
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