Alger - Revue de Presse

Osmane Redouane, porte-parole du CLA, à la Voix de l’Oranie



«Nous ne baisserons pas les bras» D’aucuns s’attendent à une rentrée sociale des plus chaudes, surtout que quinze jours à peine séparent deux événements synonymes de grosses dépenses, à savoir la rentrée scolaire et le Ramadan. C’est pour connaître justement la position d’un pôle de la société ayant également son mot à dire, le Conseil des lycées d’Alger (CLA), que son porte-parole nous a accordé cet entretien dans lequel il revient, entre autres, sur la non-reconnaissance officielle de son syndicat par le ministère de tutelle.   La Voix de l’Oranie: Le ministre de l’Education, Boubekeur Benbouzid, a laissé entendre récemment qu’il ne s’opposait pas à la délivrance des agréments pour les syndicats autonomes. Qu’en pensez-vous? Osmane Redouane: Le ministre peut laisser entendre ce qu’il veut. Nous avons montré et démontré, en ce qui nous concerne, notre représentativité sur le terrain. Ouyahia disait, il y a quelque temps, qu’»il n’est pas question de reconnaître des syndicats qui sont hors-la-loi». Alors que le nouveau gouvernement ouvre, enfin, ce dossier! Et puis même, le terme «agrément» n’existe pas dans les textes officiels. La déclaration est appelée «enregistrement». Pour l’heure, nous nous contentons du récépissé de dépôt. Quant à «l’agrément», c’est pour nous, une décision politique. Nous restons, donc, conscients que nous sommes les représentants des travailleurs et nous comptons poursuivre notre mobilisation. L’agrément viendra de fait!- Les dernières augmentations salariales devraient pouvoir décrisper le front social. Etes-vous de cet avis? - Pas tout à fait, puisque nous savons pertinemment que c’est grâce à notre mobilisation constante que nous avons réussi à arracher les dernières augmentations. Ce premier rattrapage salarial de l’ordre de 4.000 DA pour le cycle secondaire et 3.000 pour les cycles moyen et primaire reste encore très insuffisant. Avec l’inflation attendue et un pouvoir d’achat tellement détérioré, ces «gains substantiels» risquent de fondre, dans 2 ou 3 mois, comme neige au soleil. C’est pourquoi nous attendons d’autres revalorisations salariales, une deuxième tranche, quoi! - Les pouvoirs publics appellent au dialogue social avec les syndicats autonomes. C’est une situation nouvelle. N’est-ce pas? - C’est surtout une situation paradoxale. Car on ne peut pas appeler au dialogue social avec les syndicats autonomes tout en maintenant les contrôles judiciaires et les poursuites pénales. Laissez-moi vous dire que cette répression touche actuellement onze syndicalistes du CLA, du CNES et du CNAPEST. La moindre des choses, dans le cas d’espèce, est de faire un geste d’apaisement qui doit se traduire par un retrait des plaintes et l’extinction des poursuites à l’encontre des enseignants. On ne peut pas sanctionner ni envoyer en prison des enseignants au motif qu’ils ont exercé leur droit constitutionnel de grève. - Doit-on, donc, s’attendre encore une fois à une rentrée sociale «chaude»? - Vous savez, nous ne sommes pas prêts de baisser les bras car il s’agit de notre métier, de notre avenir... Pour l’heure, nous sommes en position d’attente. Comme nous fonctionnons de manière démocratique, c’est au cours des assemblées générales des travailleurs que nous rendons compte à nos mandants de la situation qui prévaut en ce moment. Jeudi prochain, nous organisons un regroupement du CLA au cours duquel des décisions d’action seront probablement prises. - Certains évoquent des dissensions entre les différents syndicats autonomes. Que préconisez-vous pour unifier les rangs? - En effet, les syndicats autonomes doivent envisager la perspective de confédérer leurs forces et leurs luttes. Comme c’est grâce à la mobilisation syndicale que nous avons pu obtenir les dernières augmentations salariales, c’est en changeant aussi les rapports de force au sein de la société qu’on pourra infléchir les positions du gouvernement. Il faut que les syndicats autonomes aient une véritable stratégie revendicative. Il faut se battre non seulement pour sa reconnaissance mais se battre également pour la satisfaction des revendications des enseignants. - La réforme du système éducatif semble avoir atteint, aujourd’hui, sa vitesse de croisière. Etes-vous optimiste à ce sujet? - Je dois avouer que non! Vous savez, l’école algérienne subit non seulement des dysfonctionnements mais elle est également sujette à l’hégémonie de l’administration. Ainsi, nous ne comprenons pas, par exemple, comment le ministre de l’Education puisse soumettre au Conseil du gouvernement un texte sur l’orientation du système éducatif sans que les enseignants ne participent à son élaboration? On ne pourra jamais avoir une éducation efficiente alors que les principaux concernés sont marginalisés. Nous demandons donc à participer au débat et à la définition des missions de l’école. Aujourd’hui, toutes les mesures prises dans le cadre de cette réforme sont perçues par les enseignants comme des injonctions. Entretien réalisé par Mohamed-Chérif Lachichi
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