Alger - Revue de Presse

Oran - Procès du trafic international de stupéfiants



Perpétuité contre 20 accusés et 9 milliards d’amende Après les délibérations qui ont duré près d’une journée, la perpétuité à l’encontre de vingt mis en cause a été retenue, dont quatre par contumace. Parmi ces derniers on compte un ressortissant libyen qui a été également interdit de séjour en Algérie. Par ailleurs, cinq autres prévenus ont été condam-nés à 20 ans de réclusion criminelle et un autre à un an de prison ferme, tandis que deux accusés, dont un instituteur de langue arabe, suspecté dans cette scabreuse affaire, ont été acquittés. Par ailleurs, la peine de 5 an de réclusion a été prononcée contre deux mis en cause à l’encontre desquels était retenu le grief de faux et usage de faux. Le représentant de la Douane, qui s’était constituée partie civile, a demandé un dédommagement de 9 milliards de centimes, soit l’équivalent de la valeur des véhicules saisis et qui ont servi à transporter le kif. Tout comme il demandera 2 milliards 800 millions de centimes, valeur de la drogue saisie. Rappelons que la défense des mis en cause a expliqué que le kif n’a pas été saisi à bord des 14 véhicules mais dans trois voitures seulement. Comme elle demandera la nullité de la deuxième demande de la partie civile, expliquant que le kif n’est pas «commercialisable». Après délibérations, le magistrat de l’audience condamnera les mis en cause à des dédommagements de 9 milliards 980 millions de centimes. Notons d’autre part qu’avant que les magistrats se retirent pour délibérer, le représentant du ministère public est intervenu dans une importante déclaration concernant les propos tenus par les accusés qui ont déclaré, au cours de l’audience, qu’ils avaient reconnu les faits pour lesquels ils ont été impliqués, sous la torture; des propos qui ont été repris par leurs avocats. «Si tels étaient les faits, dira le ministère public, pourquoi aucune plainte n’a alors été déposée par ces défenseurs ?» Au cours du procès, ouvert le 11 mai, une trentaine de mis en cause, dont six en fuite, ont comparu devant le tribunal criminel de la cour d’Oran, pour répondre des griefs d’association de malfaiteurs, trafic international de stupéfiants et faux et usage de faux. Tout au long de leurs auditions, les mis en cause, qui avaient au préalable reconnu les faits, les ont par la suite niés farouchement devant la cour. Expliquant à l’audience que, «seules les tortures des éléments sécuritaires sont arrivées à nous faire signer des aveux». Toutefois, le kif a bien été saisi, en trois prises, soit un total de plus de 140 kilos. Du kif qui a servi, semble-t-il, à brader le cheptel algérien au profit du Maroc. L’ossature de la plaidoirie du ministère public a été un point très fort du procès, n’excluant pas la manipulation extérieure. Hier, après la lecture du verdict, les mis en cause ont tenu à marquer leur mécontentement en criant à «la hogra» devant ces lourdes peines. Les parents présents ont eu eux aussi beaucoup de mal à contenir leur colère, déversant à l’encontre de l’appareil judiciaire un flot d’injures. H.Y.
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