
Soixante et un ans après, le 1er Novembre est en passe de devenir, pour les jeunes générations et les moins jeunes, qu'une date parmi tant d'autres. Un jour férié, certes, mais un vague souvenir ou au mieux une réminiscence de l'histoire de l'Algérie contemporaine qui a coïncidé avec le déclenchement de la guerre de Libération nationale. Sans plus. Depuis quelques années, ce premier jour de novembre a perdu de sa sacralité en quelque sorte depuis que le pouvoir a relégué la commémoration de cet événement historique par la nation à la banalité du calendrier ou presque.La responsabilité du régime actuel est totalement engagée à partir du moment où le chef de l'Etat qui doit incarner cette communion, cette reconnaissance de la nation, aujourd'hui souveraine, est absent de la scène politique nationale, de la commémoration de cet événement historique.Une célébration qui se réduit, 61 ans après, à un communiqué lu à la radio et à la télévision, dont la seule image que retiendront les Algériens c'est sans doute ce plan fixe de l'entrée de la présidence de la République, ou le portrait du chef de l'Etat, sans plus, ou des séquences intemporelles de dépôt de gerbes au Sanctuaire du Martyr à Alger.Cette année, c'est encore la promesse d'un avenir radieux pour la jeunesse qui devrait être consacré par «la nouvelle Constitution projetée»? Un projet qui dure depuis 2012 et qui, à force de ne pas avoir vu le jour alors que l'urgence l'imposait, a fini par ne plus capter l'intérêt de la majeure partie des Algériens.Surtout maintenant que le pays est dirigé par procuration et dans une totale opacité entourant le centre de décision du pouvoir. Une situation qui rappelle celle du bateau en perdition, sans capitaine, naviguant à vue au milieu d'un déchaînement d'éléments naturels en furie. Conjoncture chaotique, comme on a pu le constater à la lumière des événements qui ont jalonné l'actualité nationale depuis l'été et rendu perplexe plus d'un citoyen. Arrestations de généraux, harcèlement de capitaines d'industrie, interpellations outrageantes de blogueurs et de militants des droits de l'homme, sur fond de crise financière due à une restriction drastique des recettes pétrolières, tous ces épisodes ont renforcé le caractère autoritaire du pouvoir encore plus que par le passé. Ce dernier allant jusqu'à menacer l'opposition, déjà interdite de manifestions publiques ou de regroupements partisans dans la capitale, des pires châtiments par la voix de thuriféraires zélés.C'est sûr qu'une telle Algérie ne correspondait certainement pas à l'idée de ce que serait le pays indépendant dans l'esprit des militants qui ont décidé de déclencher le recouvrement de la souveraineté par les armes et de tous ceux qui y ont adhéré parfois au sacrifice de leur vie. Encore moins à l'image rendue aujourd'hui d'une Algérie rentière, assaillie de partout par des prédateurs en tous genres.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Reda Bekkat
Source : www.elwatan.com