Selon M. Souilah, de l'Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), une réunion de travail regroupera le 14 du mois en cours des représentants du comité national des boulangers et du ministère du Commerce. A l'ordre du jour de cette rencontre mixte, outre les perturbations signalées à travers plusieurs wilayas du pays en matière d'approvisionnement des boulangers en farine panifiable, il sera également question de passer en revue toutes les contraintes rencontrées par les membres de cette corporation, notamment celles relatives aux autres charges qui ont augmenté alors que le prix demeure administré et fixé à 8,50 dinars. Notre interlocuteur nous a souligné que certains minotiers ne jouent pas franc jeu en créant des pénuries pour mieux spéculer sur les prix. De son côté, le directeur régional du commerce de la région Ouest a affirmé que toutes les minoteries sont approvisionnées régulièrement et en quantités suffisantes en blé tendre pour la fabrication de la farine panifiable et qu'aucune pénurie n'est signalée au niveau de la direction du commerce. Mais la réalité est tout autre. En effet, on signale à travers plusieurs wilayas, notamment de l'Ouest, des tensions sur le pain, tensions qui ont eu comme incidence directe des augmentations du prix de la baguette. C'est le cas à Saïda, où le prix a atteint 10 dinars chez certains boulangers et même 20 dinars sur le marché informel, et ce en raison de l'offre insuffisante de ce produit de base. Voyant leur quota de farine réduit par les minotiers, certains boulangers ont préféré suspendre leur activité que de travailler à perte en s'approvisionnant chez des grossistes. Approchés, plusieurs boulangers estiment que le prix actuel fixé par l'Etat est largement dépassé et ne permet nullement la préservation de la marge bénéficiaire arrêtée à hauteur de 20%, en raison de la hausse qui a touché les autres entrants tels l'huile, la levure de boulanger ainsi que le gaz et l'eau. Aussi, le même constat est fait à Béni-Saf, où le pain est devenu une denrée rare. Cette conjoncture de pénurie a permis à certains de spéculer sur le prix. Dans cette ville côtière, les boulangers montrent également du doigt les minotiers qui ne leur livrent pas la totalité des commandes passées au préalable. Pire, au niveau de certaines minoteries, on refuse carrément d'enregistrer de nouvelles commandes de farine et ce jusqu'au 15 janvier. « Il n'y a pas longtemps, un coup de fil à une minoterie de la région ouest suffisait pour voir le lendemain garer un camion chargé de farine. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas, les camions ne viennent plus et on est obligé d'aller se ravitailler chez le dépositaire ou le grossiste du coin. Le prix est autre, bien sûr, et la quantité est limitée. A titre d'exemple, dimanche dernier et pour ne pas fermer, j'ai acheté 25 quintaux de farine, à raison de 2.320 dinars le quintal au lieu de 1.920, pour 3 jours de travail seulement », a affirmé un boulanger déprimé.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Salah C
Source : www.lequotidien-oran.com