Alger - Revue de Presse

Nouvelle perception du terrorisme



Quelque chose a changé au plus haut sommet de l’Etat Le double attentat terroriste perpétré mardi dernier a vraisemblablement laissé des traces indélébiles sur le commun des mortels... Plus que celui perpétré contre la Palais du gouvernement, le double attentat de Hydra et de Ben Aknoun, la puissance et l’atrocité de cette double attaque ainsi que le style utilisé, ont fait sortir de leurs gonds et la communauté nationale et celle internationale. Plusieurs enseignements significatifs doivent être tirés de cette énième tragédie humaine. D’abord, et par devoir de pédagogie, il faut rendre à l’ENTV ce qui lui appartient: la couverture médiatique faite autour de ce malheureux événement a été réalisée de la manière la plus professionnelle, contrairement à ce qui s’est passé le 11 avril de l’année en cours. En plus des directs sur le champ même de la tragédie, la télévision algérienne a également ouvert ses micros aux citoyens de tous bords qui avaient à cœur de relater leurs espoirs ainsi que leurs craintes. Tous les citoyens interrogés ont, à l’unanimité, dénoncé le «pardon» accordé aux terroristes et exigé de l’Etat d’être, à l’avenir, plus ferme à l’égard de ces derniers. Fini le temps où la télé unique passait complètement à côté de son sujet dans une sorte de folklorisation de l’événement en cherchant à connaître l’alibi au détriment de l’information. Cette fois-ci, la télévision nationale s’est engouffrée pour la première fois depuis l’apparition de la violence dans un travail d’information expurgé des «relents politiciens». Indéniablement, quelque chose a changé au niveau du plus haut sommet du pouvoir. Une nouvelle perception du phénomène terroriste est aujourd’hui visible. La classe politique également a condamné sans calculs et sans arrière-pensées politiques ces deux actes barbares. Jamais une telle condamnation n’a été aussi puissante et synchronisée à la fois. A cela, il faut ajouter la condamnation quasi-générale de la communauté internationale et son soutien indéfectible au régime en place. Les autorités politiques, qui ont reçu un soutien ferme et sans équivoque de la part de leurs concitoyens, doivent désormais capitaliser ce vaste élan de solidarité pour mettre en place une nouvelle approche sécuritaire et politique contre ce phénomène terroriste. S’il est vrai que la politique de réconciliation nationale a apporté des succès politiques indéniables, force est de constater que sur le front sécuritaire, quelque chose a manqué pour éradiquer totalement ce phénomène qui continue à se nourrir des mêmes principes fondateurs qui l’ont vu naître: l’instauration d’une République islamique fondée sur une doctrine religieuse des plus rétrograde. L’Etat algérien est plus que jamais interpellé pour saisir la balle au vol et repenser la stratégie sécuritaire. Le patron de la Sécurité nationale a mis en évidence les «failles» qui existent encore au niveau de cette stratégie. Il faudrait aller encore plus loin dans cette approche sécuritaire. Au niveau politique, les autorités algériennes doivent enclencher un dialogue politique pour arriver à un large consensus politique sur la manière d’aborder la crise de confiance née du fossé qui sépare toujours certaines formations avec la politique de réconciliation nationale. La condamnation de la violence ne suffit plus aujourd’hui pour combattre ce phénomène dévastateur: il suffit de renforcer les moyens de lutte pour l’attaquer à ses racines et l’éradiquer complètement. L’expérience de la lutte antiterroriste cumulée tout au long de ces dix dernières années est la seule garantie pour vaincre l’hydre terroriste. Saïd Farhi
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