Alger - Revue de Presse

Des cadres du HCDS tirent la sonnette d’alarme



Le développement de la steppe algérienne miné? S’imposant comme un «exemple-type de stabilité structurelle et d’efficacité opérationnelle» parmi les organes techniques phares du secteur de l’agriculture et du pastoralisme en Algérie, le Haut commissariat au développement de la steppe (HCDS) traverse actuellement une période de turbulences... Cette situation, qui risquerait fort de lui être préjudiciable dans la conduite future des différents programmes de développement dont il a la charge, serait liée en grande partie au gel des procédures de financement des opérations menées sur l’ensemble des espaces steppiques du territoire national, en ce qui concerne notamment le paiement à terme des travaux réalisés par les entreprises privées et le versement des salaires du personnel de gardiennage des zones de mise en défens. Cela a fini par faire sortir de leurs réserves un grand nombre de cadres du HCDS qui se disent persuadés aujourd’hui que la crise qui secoue l’institution depuis déjà le mois de mars dernier est loin d’être le fait du hasard mais participerait bel et bien d’une «stratégie de l’immobilisme» savamment mise au point par des clans et groupes d’intérêts qui ne disent par leurs noms. Dans une lettre adressée aux plus hautes autorités de l’Etat, les intéressés n’ont pas manqué de dénoncer un certain nombre de carences manifestes qui risquent d’hypothéquer grandement le plan d’action du HCDS ainsi que la multitude de projets mis en œuvre à ce titre. Les principales insuffisances relevées portent notamment sur «les sources de financement des programmes de développement qui sont disponibles mais sans qu’aucune procédure de mise en œuvre ne soit concrétisée à ce jour», «la dynamique ayant toujours caractérisé la mise en œuvre de ces mêmes programmes avec les collectivités locales qui s’en trouve aujourd’hui sérieusement affectée», «le personnel d’exécution des chantiers communaux qui accuse des impayés de salaires de cinq mois et plus» et «les partenaires économiques en charge de l’exécution des programmes qui n’ont pas été payés à ce jour, bien qu’ils aient réalisé les travaux et prestations qui leur ont été confiés réglementairement et validés de surcroît par les services de l’inspection générale du ministère de l’Agriculture». En d’autres termes, c’est un véritable constat de carence qui est dressé à l’endroit des responsables centraux de cette importante structure de développement dont certains clans, souligne-t-on, veulent «la mise à mort programmée». «A travers l’instabilité de l’institution, on tente de nuire au développement de la steppe algérienne... Sinon comment expliquer qu’en 2007 aucune action digne de ce nom n’a été menée à son terme. Hormis des travaux à caractère statistique ou comptable, les cadres tout comme les opérateurs se sont payés, pour la première fois de leur carrière, une véritable année sabbatique...» Dans leur correspondance, les auteurs demanderont donc aux plus hautes autorités de l’Etat d’intervenir instamment afin de sauver le HCDS et les structures qui le composent pour lui permettre de poursuivre sa mission qui s’inscrit, depuis sa récente restructuration, «dans une nouvelle vision de développement des écosystèmes steppiques et de lutte contre le phénomène de la désertification et ses implications écologiques, sociales et économiques». A l’appui de leur argumentaire, ils tiendront à rappeler le caractère de référence qui est reconnu à l’institution, gratifiée d’incontournable par les spécialistes du domaine. Et de citer à titre d’exemple les échanges scientifiques réguliers maintenus avec des organismes tels que l’ACSAD, l’OADA et l’UMA et les actions de coopération menées avec le FIDA, la FAO et la GTZ. «Derrière cette institution, soulignent enfin les cadres du HCDS, il existe des programmes mais surtout des cadres, femmes et hommes, qui ont constamment manifesté leur présence en ramenant le développement dans des zones reculées et isolées, en luttant contre l’aridité et l’hostilité du milieu naturel et les affres du terrorisme qu’a connues notre pays durant la décennie noire. Avec la stabilité retrouvée, nous nourrissons le seul secret espoir d’évoluer dans un cadre de sérénité afin de mener à terme l’œuvre de développement durable menée dans la steppe algérienne» A. Abbad
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