
- La 7e édition du film engagé est dédiée, cette année, au leader de la Révolution cubaine, Fidel Castro...Nous avons appris avec beaucoup de peine le décès de Fidel Castro. C'est à la fois une grande peine pour les Cubains, mais également pour l'humanité et l'histoire. C'est une très grande figure qui nous quitte. Nous en sommes peinés, car nous sommes un festival, dédié au film engagé et aux causes, plus particulièrement, du Tiers-Monde. Il nous a été proposé de reporter le festival, mais nous avons dit que c'était trop tard, qu'on ne pouvait pas retarder, car tout était engagé. Par contre, ce qui serait intelligent et que nous souhaitons faire, c'est de le dédier à la mémoire de Fidel Castro.Parce que pour nous, Cuba est un exemple en matière de culture. Il y a d'autres domaines d'excellence chez les Cubains, mais la culture en est un. Fidel Castro était, d'abord, très lié avec l'Algérie ensuite, rappelons que pour ses 90 ans, il y a quelques mois, il est allé voir une pièce de théâtre pour enfants portant le survêtement aux couleurs du drapeau algérien. C'est une relation qui reste très forte entre les deux pays, l'Algérie et Cuba. Nous tenions à nous inscrire dans la continuité de cette relation.- Qu'est-ce qui caractérise cette édition 2016 du Festival du film engagé 'D'abord, ce sont 19 nouveaux films, pour beaucoup inédits. Le film Celle qui vivra, de Amor Hakkar, sera présenté en avant-première mondiale, le 7 décembre. D'autres sont candidats, ils ont été proposés par leur pays aux oscars 2017. Nous avons, par exemple, le film d'ouverture, The Birth of a Nation, du réalisateur américain Nate Parker, qui est le film proposé par les Etats-Unis aux oscars.Nous avons également un excellent documentaire qui s'appelle Fuocoammare (par-delà Lampedusa), du réalisateur italien Gianfranco Rosi. Nous nous sommes intéressés au problème des migrants, réalisé par Franck, que l'Italie a proposé aux oscars. Le film yéménite de Khadidja Salami, I am Nojoom, 10 and Divorced est proposé par son pays, le Yémen, aux oscars. C'est une sélection de qualité avec différents thèmes, les droits de l'enfance, les droits des filles, plus particulièrement, les migrants, le troisième âge, avec un très beau documentaire colombien de Camilla Rodriguez Triana, qui s'appelle Atentamente.Toujours dans le registre des migrants, je voudrais citer un autre beau documentaire, Llevate Mis Amores, du réalisateur méxicain Arturo Gonzalez-Villasenor, qui est magnifique sur la solidarité des femmes, d'un petit village dans lequel passe un train, chargé de migrants et leur vie consiste à préparer des sachets de nourriture pour les donner. Ils les attrapent au vol du train. C'est magnifique. Personnellement, j'aime tous les films qui sont programmés. Il est à noter que neuf critiques et réalisateurs vont débattre du film avec la presse et le public.- En marge des projections, des tables rondes seront organisées...Effectivement, nous avons décidé d'organiser deux tables rondes au cours de cette édition 2016 du film engagé. Nous avons pris des thèmes qui collent à l'actualité cinématographique au contenu de notre festival. Le premier thème c'est comme accompagner le jeune cinéma algérien, qui, de mon point de vue, est en détresse matérielle, mais pas uniquement. Le cinéma est une chaîne de la création cinématographique. C'est une chaîne de métier.Cela commence par une idée, un scénario, un film, ensuite un produit fini. Pour assurer cette chaîne de bout en bout, il faut d'abord du personnel humain, compétent, car cela ne tombe pas du ciel. Il faut former et initier. Il faut également des moyens matériels. Donc la question est comment accompagner ce jeune cinéma qui est très prometteur. Nous avons de jeunes talents magnifiques. Comment les accompagner et faire en sorte pour que ce cinéma algérien rayonne de nouveau partout.Le deuxième sujet est lié à l'engagement au cinéma.- Cette année, le festival n'a pas été doté d'un budget émanant du ministère de la Culture, mais vous vous êtes tournés vers des sponsors 'Au ministère de la Culture, on nous a dit que cette année on n'aura pas de subventions et qu'il fallait qu'on travaille avec le solde de l'an dernier. Nous ne sommes pas les seuls, dans ce cas-là, puisqu'il y a d'autres festivals qui ont été concernés par le même mesure. Le problème, c'est qu'on s'est dit que si on manque d'argent, on fait comment 'De toutes les façons, il n'y avait pas assez, car une fois qu'on a choisi les films qui viennent de continents différents, il y a des droits à payer, il y a des réalisateurs à faire venir, à loger, à nourrir et à transporter. J'ai décidé, donc, de me tourner-le comité était d'accord- vers les sponsors. Les nôtres, ceux du secteur de la culture, nous ont aidés chacun à sa manière. Je tiens à préciser que le sponsor majeur de ce festival est l'ONDA, qui nous a considérablement aidés. Ensuite, il y a les institutions liées au cinéma, qui nous ont aidés avec des moyens matériels et par du personnel.Et, grande satisfaction, des établissements extérieurs, des banques, la BNA, la BADR, la BDL, des entreprises, l'Etusa, l'Entreprise du Métro, l'ambassade de Suisse, qui nous ont aidés à payer les droits. De même que le site Vinyculture a décidé de se mettre à la disposition du festival. L'APC d'Alger-Centre, pour sa part, met à notre disposition le centre culturel du 18 Ben M'hidi, qui va devenir le centre de presse du festival. Mille mercis à tous et vraiment sans eux cette édition n'aurait, probablement pas pu avoir lieu.- Comme les années précédentes, les prix ne seront pas dotés 'Chaque compétition compte trois prix. Deux prix qui sont décernés par les jurys : le prix spécial et le grand prix. Pour le documentaire, on a un prix spécial documentaire, un grand prix documentaire. Pour la fiction, on a un prix spécial fiction et un grand prix fiction. Et le public, lui aussi, vote.Les cartons sont déposés à l'entrée des salles. Ils sont remis à la sortie de la projection. On dépouille et on compte les voix. Le public attribue un prix du public pour le documentaire et un prix pour la fiction. Il n' y a jamais eu d'argent. Les lauréats reçoivent des trophées ou des plaques souvenir.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nacima Chabani
Source : www.elwatan.com