
La pomme de terre prend des ailesCet argument ne tient pas la route car malgré le retour du beau temps depuis plus d'une semaine les prix restent figés. Le kilo de la pomme de terre est cédé à 100 DA et parfois à 120 DA.La régulation du marché n'y est pour rien. La flambée des prix de la pomme de terre ces dernières semaines n'est pas le résultat de l'absence de contrôle de la chaîne de production et des circuits de distribution.Le ministre de l'Agriculture et du Développement rural a trouvé un autre alibi. Interpellé sur la flambée des prix de la pomme de terre, Abdelwahab Nouri a attribué la flambée actuelle des prix de la pomme de terre à l'abondance des pluies et au manque de main-d'oeuvre, qui ont retardé la récolte. «Nous avons connu une pluviométrie très importante qui a retardé la récolte de la pomme de terre et dont plus de 15 000 hectares n'ont pas été arrachés», a expliqué le ministre en marge d'une séance de questions orales au Conseil de la Nation.Cet argument ne tient pas la route car malgré le retour du beau temps depuis plus d'une semaine les prix restent figés. Le kilo de la pomme de terre est cédé à 100 DA et parfois à 120 DA. Alors que les rendements et les superficies dédiées à cette culture sont en constante augmentation, la pénurie de ce produit de large consommation se reproduit chaque trimestre. Le ministre qui avait renvoyé l'autre fois la balle à son collègue du commerce, s'est ressaisi cette fois-ci.En plus des difficultés d'accès aux champs, Nouri a soulevé le problème de la main-d'oeuvre «les producteurs n'ont pas trouvé suffisamment de main-d'oeuvre qui accepte de travailler dans de pareilles conditions». Sur ce sujet, le ministre a fait savoir que pour résoudre ce problème, le gouvernement étudie actuellement plusieurs solutions dont celle du renforcement de la mécanisation. «Le manque de main-d'oeuvre agricole est un problème ardu du fait qu'il affecte considérablement la productivité dans toutes les régions du pays sans exception», a-t-il relevé. Or, il n'est un secret pour personne que ce sont les spéculateurs qui imposent leur diktat sur le marché.Devant l'absence de mécanismes de contrôle du marché et la régulation des prix, les spéculateurs prennent en otage le citoyen. Ni le dispositif du syrpalac ni les différentes décisions prises n'ont donné le résultat escompté. Preuve on est: le scénario se reproduit à longueur d'année. En novembre dernier, le même ministre avait reconnu ouvertement, à partir du Sénat, qu'il y a un dysfonctionnement dans les marchés» pour justifier la flambée des prix de la pomme de terre. «Ce dysfonctionnement du marché est dû à une faille entre les marchands de gros et ceux de détail», avait affirmé le ministre.Pour rattraper cette faille, M.Nouri avait fait savoir qu'il envisage de procéder, en collaboration avec le ministère du Commerce, à une opération d'organisation et de régulation des marchés afin de garantir la fluidité des produits notamment au niveau des marchés de gros. «La production est disponible mais nous devons organiser le marché», avait réitéré Abdewahab Nouri. Le ministre a indiqué, dans ce sens, que les marchés de gros, à l'instar de ceux de Attatba et des Eucalyptus (Alger), ne répondaient pas aux moindres normes nécessaires. Or, au bout de quatre mois le ministre a changé de discours en imputant la flambée des prix de la pomme de terre à la météo. Par ailleurs et à propos de la création de nouvelles exploitations au sud du pays, M.Nouri a indiqué que cette région allait bénéficier de 250.000 ha de périmètres irrigués suite aux instructions données par le président de la République lors du dernier Conseil des ministres restreint. «Toutes les conditions sont réunies et les études ont été finalisées. Nous travaillons actuellement en collaboration avec le secteur des ressources en eau pour réaliser ce projet», a-t-il affirmé. Revenant sur les pertes causées par la grippe aphteuse, le ministre a fait savoir que tous les éleveurs ayant essuyé des pertes ont été indemnisés. Cette dernière épizootie à causé des pertes estimées, selon lui, à plus de 7200 têtes bovines contre 9000 têtes en 1999.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nadia BENAKLI
Source : www.lexpressiondz.com