Alger - Revue de Presse

Notre supplément économie avec la collaboration de «MAGHREB EMERGENT» et «LES AFRIQUES» : L'Algérie et sa place dans le monde



Pas plus que l'Egypte, l'Algérie n'est ni le nombril, ni le centre du monde. Mais comme dans tous les pays, l'économie se rapporte à la manière d'en faire partie, de la place qu'on y occupe et que l'on cherche à occuper dans l'avenir proche et lointain. Il s'agit bien sûr d'utiliser au mieux ses atouts pour se ménager la meilleure place possible. Pour l'instant, on est confortablement installé – pour combien de temps ? – dans le statut de mono-exportateur d'hydrocarbures et d'importateur du reste. A telle enseigne que des experts, pas seulement eux, s'inquiètent de voir l'Algérie réduite au statut de marché de comptoir. C'est ce «statut», sans avenir, que toute politique économique digne de ce nom se doit de changer. Comment y parvenir, le plus rapidement et au mieux des intérêts bien compris du pays, c'est l'enjeu d'un débat qui n'a pas vraiment lieu. L'exécutif en Algérie peut changer de cap de manière radicale sans éprouver le besoin d'en expliquer les raisons. Et gare à celui qui cherche à forcer le débat… Et pourtant, ce débat a lieu, ailleurs, sans notre participation. Les regards extérieurs contrastés – et bien entendus intéressés – en sont les signes les plus évidents. Entre les opérateurs de Corée du Sud qui hésitent à venir en raison d'une image globalement négative du climat des affaires, la France qui désigne un ancien Premier ministre pour s'occuper – politiquement ?- du dossier économique avec l'Algérie et des entreprises canadiennes plutôt heureuses au Maghreb central, quelle est l'image la plus juste ? Les Sud-Coréens dont le PIB était inférieur au nôtre à la fin des années soixante – il paraît qu'il ne faut pas trop le rappeler – se font une idée de l'Algérie sur la base de Reuters, Bloomberg et des publications spécialisées où l'on n'a pas les meilleurs classements. Les Français semblent rester dans la tradition qui veut que l'économie avec l'Algérie ne peut se passer de politique… et de réseaux ? Le regard des Canadiens est plutôt formé par l'expérience, déjà plus que quarantenaire d'une entreprise… qui a globalement bien réussi. Le plus intéressant dans le regard étonnamment positif des Canadiens est qu'ils décèlent dans la politique économique actuelle de l'Algérie des similitudes avec la «révolution tranquille» des années 60 au Québec… Précisons néanmoins que les Canadiens ont toujours eu une remarquable capacité à informer clairement de ce qu'ils font et de ce qu'ils veulent. Que le gouvernement veuille que les entreprises algériennes profitent au mieux du gâteau de 286 milliards est une excellente nouvelle. Qu'il codifie cela dans la loi afin de pousser les entreprises étrangères à constituer des joint-ventures avec des Algériens, c'est encore mieux. A condition que la démarche ne soit pas détournée… et que la joint-venture ne soit pas transformée en une sorte de rente où la partie algérienne jouerait le rôle de «facilitateur» politique. Si le but est de faire en sorte que des entreprises algériennes se créent et se renforcent, des «facilitateurs» de ce genre sont un danger. Car ils façonneront encore et pour longtemps une image bien abîmée de l'Algérie…


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