
L'Algérie manque de main-d'oeuvre. Rien d'étonnant. On verra pourquoi plus loin. Les sénateurs ont demandé au gouvernement de mettre en place «des mécanismes pour drainer le maximum de demandeurs de formation dans les métiers du bâtiment». Pas suffisamment de plombiers qualifiés. Ni de menuisiers. Ni de ferronniers. Sans oublier les maçons, les coffreurs, les carreleurs, etc. On parle ici de personnels qualifiés. Pas de ces bricoleurs qui possèdent 36 métiers. Le ministre de la Formation qui a bien pris note de la demande a promis aux honorables membres du Conseil de la nation qu'elle «sera prise en considération lors des Assises nationales de la formation» prévues à la fin de cette année. On tourne la page et on passe à un autre sujet' Pourquoi pas, puisque les sénateurs et le ministre semblent d'accord pour se suffire de poser le problème. Pour la solution on attendra. Qui' Quoi' Rien, ni personne. On pose le problème, histoire de dire que nous travaillons. C'est ainsi depuis la nuit des temps dans notre pays. Pour les solutions, il faudra créer une nouvelle chambre parlementaire pour en discuter. Le problème de la main-d'oeuvre dans le bâtiment est tellement ancien dans notre pays qu'on a l'impression que nos sénateurs ne vivent pas avec nous. Il n'y a pas que le bâtiment d'ailleurs. Et l'agriculture' Qui en parle' De quel type de «mécanismes» parlent nos sénateurs' Puisqu'il s'agit de fléau. De comportements stériles. Le bâtiment et l'agriculture font partie, dans l'imaginaire de nos jeunes, des secteurs «humiliants» et «pénibles» au même titre que la voirie et ses éboueurs. Nos sénateurs font semblant de ne pas le savoir. Allez, on leur indique une piste. Le nouvel ambassadeur de Chine à Alger a pris sur lui de «démarcher» directement le patronat algérien pour lancer le message dont l'a chargé son gouvernement. «J'ai un message à transmettre aux opérateurs algériens: nous voulons travailler ensemble et gagner ensemble!» a-t-il déclaré en présence du président de la Confédération algérienne du patronat (CAP), Boualem M'rakech. Chacun sait la longue expérience des Chinois dans notre pays et notamment dans le secteur du bâtiment. Maintenant, ils veulent carrément y investir dans le cadre de la loi des 51/49%. L'ambassadeur précise que les opérateurs chinois sont convaincus que le marché algérien est caractérisé par «un grand potentiel». Est-ce qu'ils pensent utiliser leur propre main-d'oeuvre (comme d'habitude) ou pas, l'ambassadeur ne le dit pas. Ceci pour dire que les «mécanismes» des sénateurs ne sont qu'une fuite en avant. Il faut arrêter de brasser du vent. Ou nos parlementaires sont capables de présenter des textes de lois capables de donner des atouts au secteur productif ou bien qu'ils se taisent. Les «mécanismes» ne sont pas en vente à la supérette du coin. L'autre piste dont on ne privera pas nos représentants est celle de l'immigration subsaharienne que connaît notre pays. On vous le donne en mille que dans très peu de temps, cette immigration peuplera nos chantiers et nos champs de culture. Cela a déjà commencé dans le secteur informel qui fait appel à cette main-d'oeuvre comme on le fait avec des esclaves. Le flot grandissant des nouveaux arrivants va pousser à un «mécanisme» très proche du permis de travail. Sauf si, d'ici là, nos parlementaires élaborent la proposition de loi qui manque et qui contiendra les ingrédients qui vont «embellir», aux yeux de nos jeunes, le travail dans le bâtiment et l'agriculture. Ceci dit, l'immigration a ses règles. Elle ne vise que les pays déjà développés ou à fort potentiel de développement. Un bon signe pour notre pays. Toute la question est de le transformer en «mécanismes» pour le bon fonctionnement de son économie durable. Ce qui n'est pas encore le cas!
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zouhir MEBARKI
Source : www.lexpressiondz.com