Auteur de plusieurs ouvrages traitant des problèmes politiques, économiques et sociologiques de l'Algérie, Salah Mouhoubi, 62 ans, rajeunit bien la vie conviviale à Alger, en ce sens que, depuis une dizaine d'années, il ne pense qu'à la transformation d'Alger en tant que capitale du pays.
Auteur de plusieurs ouvrages traitant des problèmes politiques, économiques et sociologiques de l'Algérie, Salah Mouhoubi, 62 ans, rajeunit bien la vie conviviale à Alger, en ce sens que, depuis une dizaine d'années, il ne pense qu'à la transformation d'Alger en tant que capitale du pays.
Alger, agrégat ou cité
Bien des auteurs ont écrit sur ce thème névralgique qui imprime à la capitale son cachet de ville cosmopolite et moderne.
Le président de la République a déclaré, il y a quelques temps, qu'il a honte des saletés qui jonchent les villes du pays, notamment Alger. Il a même souligné qu'il est plus facile pour un citoyen algérien d'être reçu au Kremlin ou à la Maison Blanche (bureau et résidence du président des Etats-Unis d'Amérique dans la capitale fédérale à Washington) que par un wali ou un président d'APC, implicitement cause de la bureaucratie).
A force de s'intéresser en permanence et avec ténacité aux problèmes environnementaux d'Alger, Mouhoubi est en passe de devenir un ardent et farouche écologiste, capable de contribuer activement à l'amélioration de la qualité de vie.
Ne dit-on pas que «nettoyer c'est bien, mais ne pas salir c`est mieux».
Les recommandations formulées durant les deux jours de la rencontre entre le wali d'Alger, les walis délégués et les responsables du Conseil national économique et social (Cnes) ne doivent pas rester lettre morte, mais traduites, sur le terrain, par des actions concrètes afin de ne pas tomber dans une situation apologétique, selon certains observateurs.
Midi Libre : Tout d'abord, Salah Mouhoubi, présentez-vous, quelle est votre fonction exacte actuellement '
Salah Mouhoubi : Actuellement, je suis à la retraite, mais j'enseigne à l'université d'Alger.
En tant qu'observateur,vous avez assisté à la réunion concernant le développement local. Quelles sont vos premières impressions et quelle analyse faites-vous après les travux en plénière et le débat fécond ayant suivi '
Cette rencontre est très importante et c'est la première fois qu'elle est organisée avec le wali et les walis délégués de la wilaya d'Alger, donc particulièrement de la capitale.
L'intervention de cet exécutif a permis de toucher du doigt à la fois les problèmes de la capitale, mais également les perspectives de développement de l'avenir.
Bien entendu, tout le monde sait que les citoyens sont confrontés quotidiennement à des difficultés dans plusieurs domaines, notamment dans les transports publics, d'hygiène, de sécurité, de loisirs, de santé et d'éducation où les problèmes sont réels. Ce n'est pas superficiel puisque c'est le quotidien de tous les Algérois.
Bien entendu, ces difficultés ont été mises en exergue par les différents intervenants, ils ne les ont pas occultées. Bien au contraire, ils les ont bien exposées et d'autre part, ils ont fait état des projets qui ont été réalisés et ceux qui seront concrétisés dans l'avenir.
Alger a des acquis, cela est incontestable, tels que le métro d'Alger, le tramway et les différents programmes de construction de logements.
Mais, franchement, cela ne signifie pas que tous les problèmes ont été résolus. En fait, des problèmes sérieux persistent. D'abord, il faut soulignent qu'Alger qui est la capitale du pays, ne jouit pas des standards internationaux. Ce n'est pas vraiment une capitale. C'est une ville qui a été ruralisée depuis l'indépendance et qui a perdu ses repères et sa vocation d'une capitale ou d'une métropole moderne et confortable où tous les éléments, tels que la sécurité et la propreté existent.
Malheureusement, cela tout le monde le constate. Je pense qu'il faut penser maintenant à d`autres voies pour sortir la capitale de ce «piège».
De quelles voies s`agit-il '
D'abord, Alger doit jouir d'un statut particulier, c'est une capitale qu'il faut construire. Nous avons une ville ruralisée et assimilée à une capitale. Il devient également impérieux de la doter d'un budget spécifique pour lui permettre de poursuivre sa modernisation et son extension.
Par ailleurs, Alger possède l'une des plus belles baies du monde. Il faut, donc, réaménager complètement la baie d'Alger. Il y a un projet qui existe et des études qui ont été faites, par conséquent il faut absolument les concrétiser.
Alger est la vitrine du pays, et si l'Algérie aspire à jouer un rôle positif sur la scène internationale en paraissant comme un pays émergent avec des atouts, cela doit se refléter à travers sa capitale.
Il faut donc poursuivre la politique des infrastructures, limiter les flux vers la capitale, revoir notre politique de l'habitat.
Maintenant, il faut construire en dehors de la capitale afin d'alléger la pression sur Alger.
Les infrastructures sont saturées et on ne peut plus continuer comme cela. Cette saturation des infrastructures pose un problème de la qualité de la vie dans la capitale.
Justement, en matière de protection de l'environnement et de l'écologie, comment trouvez-vous la situation à Alger '
Personnellement, je pense que l'environnement à Alger est exécrable. Ce n'est pas digne d'une capitale. D'abord, c'est une ville très sale et les alentours sont également sales, alors que les citoyens n'ont pas un comportement civique. Il faut arrêter la ruralisation de la capitale sachant qu'Alger n'a pas d'espaces verts et où la pollution fait des ravages, notamment avec le nombre de véhicules qui augmentent'
Y a-t-il des améliorations concernant la santé publique '
Les pouvoirs publics se targuent d'avoir fait beaucoup de choses dans le domaine de la santé publique, notamment en matière d'infrastructures, mais cela ne suffit pas.
Par ailleurs, sur ce plan-là, le citoyen ne se sent pas pris en charge. Je crois qu'il y a des problèmes et l'actualité apporte de l'eau au moulin aux préoccupations des citoyens.
Cependant, il reste beaucoup à faire en matière de santé publique et de la population.
Avant de parler de santé publique, il faut d'abord rendre le cadre de vie plus sain.
Vous estimez donc que le développement durable nécessite des efforts permanents et une stratégie méthodique efficace. N'est-ce pas.Que faut-il faire pour apporter des transformations importantes à la capitale '
Que faut-il faire pour lui rendre son prestige d'antan et sa vocation de capitale rayonnante. S'agit-il de mauvaise gouvernance ou de gestion anarchique '
C'est un problème de gestion de la ville, cela est certain. Il faut aussi avoir une bonne vision. Car, il existe un problème de vision. Cependant, je crois que les pouvoirs publics font comme si Alger était une grande ville. Non. Alger n'est pas une grande ville, elle est d'abord la capitale de l'Algérie. Et une capitale oblige les pouvoirs publics et les citoyens à avoir un autre comportement.
Merci de m'avoir posé cette question, mais il y a des habitants à Alger qui se conduisent comme des villageois. Ce n'est pas normal.
Il existe une disparité entre les discours et les actions. Le constat, en général, est objectif, mais sur les actes pratiqués c'est absolument rien.
Il est inadmissible qu`Alger soit sale avec des détritus partout. C'est inacceptable. Si on n'arrive pas à gérer età résoudre ce problème, il y a un problème beaucoup plus grave, c'est à dire qu'on ne peut rien gérer.
Alger, agrégat ou cité
Bien des auteurs ont écrit sur ce thème névralgique qui imprime à la capitale son cachet de ville cosmopolite et moderne.
Le président de la République a déclaré, il y a quelques temps, qu'il a honte des saletés qui jonchent les villes du pays, notamment Alger. Il a même souligné qu'il est plus facile pour un citoyen algérien d'être reçu au Kremlin ou à la Maison Blanche (bureau et résidence du président des Etats-Unis d'Amérique dans la capitale fédérale à Washington) que par un wali ou un président d'APC, implicitement cause de la bureaucratie).
A force de s'intéresser en permanence et avec ténacité aux problèmes environnementaux d'Alger, Mouhoubi est en passe de devenir un ardent et farouche écologiste, capable de contribuer activement à l'amélioration de la qualité de vie.
Ne dit-on pas que «nettoyer c'est bien, mais ne pas salir c`est mieux».
Les recommandations formulées durant les deux jours de la rencontre entre le wali d'Alger, les walis délégués et les responsables du Conseil national économique et social (Cnes) ne doivent pas rester lettre morte, mais traduites, sur le terrain, par des actions concrètes afin de ne pas tomber dans une situation apologétique, selon certains observateurs.
Midi Libre : Tout d'abord, Salah Mouhoubi, présentez-vous, quelle est votre fonction exacte actuellement '
Salah Mouhoubi : Actuellement, je suis à la retraite, mais j'enseigne à l'université d'Alger.
En tant qu'observateur,vous avez assisté à la réunion concernant le développement local. Quelles sont vos premières impressions et quelle analyse faites-vous après les travux en plénière et le débat fécond ayant suivi '
Cette rencontre est très importante et c'est la première fois qu'elle est organisée avec le wali et les walis délégués de la wilaya d'Alger, donc particulièrement de la capitale.
L'intervention de cet exécutif a permis de toucher du doigt à la fois les problèmes de la capitale, mais également les perspectives de développement de l'avenir.
Bien entendu, tout le monde sait que les citoyens sont confrontés quotidiennement à des difficultés dans plusieurs domaines, notamment dans les transports publics, d'hygiène, de sécurité, de loisirs, de santé et d'éducation où les problèmes sont réels. Ce n'est pas superficiel puisque c'est le quotidien de tous les Algérois.
Bien entendu, ces difficultés ont été mises en exergue par les différents intervenants, ils ne les ont pas occultées. Bien au contraire, ils les ont bien exposées et d'autre part, ils ont fait état des projets qui ont été réalisés et ceux qui seront concrétisés dans l'avenir.
Alger a des acquis, cela est incontestable, tels que le métro d'Alger, le tramway et les différents programmes de construction de logements.
Mais, franchement, cela ne signifie pas que tous les problèmes ont été résolus. En fait, des problèmes sérieux persistent. D'abord, il faut soulignent qu'Alger qui est la capitale du pays, ne jouit pas des standards internationaux. Ce n'est pas vraiment une capitale. C'est une ville qui a été ruralisée depuis l'indépendance et qui a perdu ses repères et sa vocation d'une capitale ou d'une métropole moderne et confortable où tous les éléments, tels que la sécurité et la propreté existent.
Malheureusement, cela tout le monde le constate. Je pense qu'il faut penser maintenant à d`autres voies pour sortir la capitale de ce «piège».
De quelles voies s`agit-il '
D'abord, Alger doit jouir d'un statut particulier, c'est une capitale qu'il faut construire. Nous avons une ville ruralisée et assimilée à une capitale. Il devient également impérieux de la doter d'un budget spécifique pour lui permettre de poursuivre sa modernisation et son extension.
Par ailleurs, Alger possède l'une des plus belles baies du monde. Il faut, donc, réaménager complètement la baie d'Alger. Il y a un projet qui existe et des études qui ont été faites, par conséquent il faut absolument les concrétiser.
Alger est la vitrine du pays, et si l'Algérie aspire à jouer un rôle positif sur la scène internationale en paraissant comme un pays émergent avec des atouts, cela doit se refléter à travers sa capitale.
Il faut donc poursuivre la politique des infrastructures, limiter les flux vers la capitale, revoir notre politique de l'habitat.
Maintenant, il faut construire en dehors de la capitale afin d'alléger la pression sur Alger.
Les infrastructures sont saturées et on ne peut plus continuer comme cela. Cette saturation des infrastructures pose un problème de la qualité de la vie dans la capitale.
Justement, en matière de protection de l'environnement et de l'écologie, comment trouvez-vous la situation à Alger '
Personnellement, je pense que l'environnement à Alger est exécrable. Ce n'est pas digne d'une capitale. D'abord, c'est une ville très sale et les alentours sont également sales, alors que les citoyens n'ont pas un comportement civique. Il faut arrêter la ruralisation de la capitale sachant qu'Alger n'a pas d'espaces verts et où la pollution fait des ravages, notamment avec le nombre de véhicules qui augmentent'
Y a-t-il des améliorations concernant la santé publique '
Les pouvoirs publics se targuent d'avoir fait beaucoup de choses dans le domaine de la santé publique, notamment en matière d'infrastructures, mais cela ne suffit pas.
Par ailleurs, sur ce plan-là, le citoyen ne se sent pas pris en charge. Je crois qu'il y a des problèmes et l'actualité apporte de l'eau au moulin aux préoccupations des citoyens.
Cependant, il reste beaucoup à faire en matière de santé publique et de la population.
Avant de parler de santé publique, il faut d'abord rendre le cadre de vie plus sain.
Vous estimez donc que le développement durable nécessite des efforts permanents et une stratégie méthodique efficace. N'est-ce pas.Que faut-il faire pour apporter des transformations importantes à la capitale '
Que faut-il faire pour lui rendre son prestige d'antan et sa vocation de capitale rayonnante. S'agit-il de mauvaise gouvernance ou de gestion anarchique '
C'est un problème de gestion de la ville, cela est certain. Il faut aussi avoir une bonne vision. Car, il existe un problème de vision. Cependant, je crois que les pouvoirs publics font comme si Alger était une grande ville. Non. Alger n'est pas une grande ville, elle est d'abord la capitale de l'Algérie. Et une capitale oblige les pouvoirs publics et les citoyens à avoir un autre comportement.
Merci de m'avoir posé cette question, mais il y a des habitants à Alger qui se conduisent comme des villageois. Ce n'est pas normal.
Il existe une disparité entre les discours et les actions. Le constat, en général, est objectif, mais sur les actes pratiqués c'est absolument rien.
Il est inadmissible qu`Alger soit sale avec des détritus partout. C'est inacceptable. Si on n'arrive pas à gérer età résoudre ce problème, il y a un problème beaucoup plus grave, c'est à dire qu'on ne peut rien gérer.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar Aouimer
Source : www.lemidi-dz.com