
Des dizaines de manifestations commerciales et économiques : salons spécialisés, conférences, séminaires, forums, rencontres B2B ont eu lieu chaque année en Algérie, sans que leur impact ne soit perceptible sur l'entreprise et l'économie d'une manière générale. Certains événements sont devenus incontournables, à l'exemple de Batimatec, Djazagro, le Salon de la production nationale ou la Foire internationale d'Alger (FIA).Au-delà de l'aspect marketing, ces différents événements ont il atteint leurs objectifs ' Pas sûr. Les salons spécialisés ou la FIA sont censés promouvoir le produit national, ouvrir des opportunités au partenariat et aux exportations, faire connaître les dernières nouveautés et innovations. Il semble que sur certains de ces aspects, les objectifs soient atteints, mais pas sur le reste.Pour ne citer que l'agriculture ou le bâtiment, l'Algérie cumule pour ces deux secteurs des importations qui dépassent les 10 milliards de dollars par an. Le produit national s'exporte rarement à plus de 2 milliards d'euros pas an.Ces manifestations commerciales donnent davantage le sentiment de servir les fournisseurs de l'Algérie que les entreprises nationales. Et pourtant. «Elles sont une bonne opportunité pour remettre à niveau le savoir-faire des entreprises algériennes et connaître les dernières nouveautés», estime Mahfoud Megatli.On ne peut pas «reprocher» aux participants étrangers qui en profitent pour remplir leur carnet de commande, car cela sert également les entreprises nationales qui recherchent de nouveaux équipements ou matériels pour augmenter leur production, dit-il.OpportunitésPour Rabah Alilat, l'un des organisateurs du salon Djazagro, l'importance d'une telle manifestation se trouve dans certains indices très évocateurs. «80% des participants algériens reviennent chaque année et leur carnet de commande est rempli pendant l'événement. Il y a beaucoup de partenariats, même s'ils ne sont pas ouvertement déclarés.Certains équipements se sont retrouvés à être fabriqués en Algérie. Avant, pour réserver un stand, il fallait s'y prendre 15 à 20 jours à l'avance, alors qu'en 2015 tout était complet 4 mois avant le début du salon. Cela sans compter la hausse du nombre d'exposants chaque année pour des espaces dont les prix de location oscillent entre 15 500 da et 25 000 da le m2».Des éléments qui plaident en faveur de l'importance de tel événement. Pourtant, pour chaque dollar exporté, l'Algérie importe aujourd'hui l'équivalent de 30 dollars. Pour certains chefs d'entreprise, l'efficacité de ces manifestations n'est pas avérée. Djamel Mezine, entrepreneur dans le domaine du bâtiment, reconnaît avoir participé au salon Batimatec par le passé, mais plus maintenant. «Pour 3 à 4 jours de participation, il faut compter 400 000 DA au minimum.Pour une petite PME, c'est beaucoup». Pour lui, dans ce genre de salon, à part à faire du «marketing il n'y a pas de grands bénéfices pour l'entreprise algérienne. Les étrangers viennent pour vendre leurs produits, pas pour accéder au partenariat. C'est une porte ouverte aux grandes entreprises étrangères qui sont en train de grignoter nos parts de marché petit à petit».PartenariatUne aubaine pour certains, un non-événement pour d'autres, les dizaines de manifestations commerciales tenues chaque année sont différemment appréciées.Le sentiment dominant reste cependant qu'elles servent davantage la concurrence étrangère au détriment du produit et de l'entreprise nationaux. «Les étrangers viennent surtout pour faire des affaires. Très peu ont signé des partenariats», alors que les PME algériennes ne s'exportent toujours pas, déplore Zaïm Bensaci, président du Conseil national consultatif pour la promotion de la PME. «Les résultats sont faibles», reconnaît-il.Pour l'essentiel, les décisions importantes et les partenariats se font à l'extérieur de ces manifestations et «en dehors des forums et des conférences», soutient Mahfoud Megatli. Pour autant, comme lors d'un défilé militaire, nous dit-on, le but est surtout de faire une forte impression. Et de ce point de vue, l'Algérie qui a été longtemps fuie par la communauté internationale a, semble-t-il, tout intérêt à faire perdurer ces manifestations comme gage de retour à la normalité.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Safia Berkouk
Source : www.elwatan.com