Atteint, plus que d'autres formations politiques, par les frictions internes, le Mouvement démocratique et social (MDS) semble avoir pris conscience qu'il lui faut établir un consensus à même de cimenter ses rangs. La conférence nationale des cadres, tenue hier au siège central du parti, se propose comme le premier jalon d'un processus de refondation du Mouvement.
Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir) - D'ici l'organisation du congrès de refondation, qui devrait intervenir au plus tard dans trois mois, les militants et cadres du Mouvement auront à structurer le débat autour des nouveaux paradigmes politiques apparus sur la scène nationale à l'ombre des révoltes arabes. Le projet de résolution de politique générale, soumis à débat lors de la conférence des cadres, situe les thèmes des problématiques à examiner, en premier chef la mise à jour de la ligne et des alliances ainsi que le mode de fonctionnement du Mouvement. «Nous sommes interpellés pour renouveler notre grille de lecture et la mettre en phase avec la réalité d'aujourd'hui », consigne le document soumis à enrichissement. En clair, le MDS se pose la question de savoir comment articuler son action politique dans un contexte nouveau tout en demeurant fidèle à son objectif stratégique, en l'occurrence la double rupture. Un objectif que le Mouvement ne prétend pas atteindre dans l'engagement solitaire mais bien à travers des synergies à rechercher dans la mouvance démocratique. Des synergies qui se veulent aussi, dans l'idée du MDS, dépassement de la classe politique actuelle, considérée comme obsolète, voire un élément du système. «La société n'est pas dupe, elle considère la classe politique comme un élément du système, et donc frappée du même discrédit. Seule la jonction entre ce potentiel de mobilisation et l'élite politique et intellectuelle acquise au changement est en mesure de renverser le rapport de force et de trouver les mécanismes du changement.» Le MDS a déjà entrepris quelques «gentlemen's agreement» avec des structures prétendant à la restructuration de la mouvance démocratique. Mais pour qu'il puisse prétendre à ce rôle de propulseur du renouveau démocratique, le MDS est tenu d'abord de dépasser ses légendaires querelles et unir ses rangs. Cela devra intervenir lors d'un congrès de refondation, dont la préparation est confiée à une commission nationale dégagée hier à l'issue de la conférence des cadres.
S. A. I.
L'administration s'est manifestée jeudi en fin de journée
L'administration, qui a réceptionné la demande d'autorisation de la conférence des cadres du MDS le 30 octobre dernier, s'est finalement manifestée jeudi 10 novembre aux environs de 16 heures, a-ton appris auprès du Mouvement. «Ils nous ont appelés jeudi aux environs de 16 heures pour nous demander de passer récupérer l'autorisation. Nous n'avons pas été la chercher, car c'était trop tard», a affirmé Yacine Téguia. Commentant cette attitude de l'administration, Hocine Ali a, dans son propos liminaire à la conférence, estimé que «ce n'est pas là le comportement d'un Etat qui se respecte et qui respecte les citoyens». Selon lui, ce comportement montre que «le pouvoir ne veut pas qu'il y ait un débat autour de l'avenir démocratique du pays».
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S A I
Source : www.lesoirdalgerie.com