A l'heure où le marché mondial des assurances, en plein essor, connaît de grandes mutations en s'assurant une place de plus en plus prépondérante dans le développement économique, nombre de pays africains, dont l'Algérie, restent englués dans de vieilles politiques qui privilégient la stabilité financière, occultant la promotion d'une compétitivité structurelle à même de garantir une fructueuse insertion dans la compétition internationale.
Le rappel à l'ordre de la Fédération des sociétés d'assurances de droit national africaines (Fanaf) que fait ressortir son rapport de 2011 vient à point nommé pour rappeler l'urgence pour ces pays du continent noir d'aller vers un modèle de développement du marché de l'assurance axé sur l'innovation et qui pourrait leur permettre de se débarrasser de leur incapacité congénitale de le diversifier.
L'inversion de la tendance actuelle s'impose, aux yeux de la Fanaf, surtout pour notre pays eu égard au très faible taux de pénétration de l'activité d'assurance dans le Produit intérieur brut (PIB).
Quels sont les indicateurs sur lesquels s'est appuyée la Fanaf pour établir son constat ' En 2010 - le bilan 2011 n'ayant pas encore été clôturé (vers juin 2012) -, le marché des assurances en Algérie a réalisé une production globale, toutes branches confondues, de 81,7 milliards de DA contre un PIB s'élevant 159.43 milliards de dollars.
Un chiffre d'affaires qui se caractérise par une évolution systématique constante en termes de valeur, mais relativement à sa pénétration dans le produit intérieur brut, son taux reste faible voire même insignifiant puisqu'il est inférieur à 1%.
Ces très faibles performances des réalisations du secteur des assurances, dominées par les compagnies d'assurances publiques, s'expliquent notamment par l'incohérence de politiques plus préoccupées du court terme que de la promotion d'un développement durable à long terme.
Il n'y a qu'à comparer nos réalisations avec ce qui se fait chez notre voisin de l'Ouest ou encore en Afrique du Sud, pour ne citer que ces deux exemples, pour que soit bien mise en évidence la problématique de la valorisation du marché des assurances en Algérie : 81,7 milliards de DA réalisés par les 13 sociétés d'assurance - SAA, CAAR, CAAT, CASH, les privées Trust Algeria, CIAR, 2A, Salama Assurance, GAM, Alliance Assurances, Cardif et les 2 mutuelles, la CNMA, et la MAAT EC- contre 8 179 664 000 $, 3 113 129 000 $ ou 539 347 000 $, les chiffres d'affaires de 2010 respectivement réalisés par les seules South Africain National Life Insurance Company 'Sanlam -, Old Mutual - compagnie sud-africaine spécialisée dans les assurances de personnes - et Wafa Assurance, filiale de la banque marocaine Wafa Bank.
Des performances ayant permis la propulsion des compagnies d'assurance de l'Afrique du Sud aux neuf premières places suivies de l'assureur marocain, l'Algérie parmi les derniers, selon le classement africain de la Fanaf. A la lecture de ces chiffres, il ressort que l'Afrique du Sud réalise un chiffre d'affaires de 90% par rapport à celui de tous les pays africains réunis. Par rapport à son PIB, le taux de pénétration de l'activité d'assurance est de 14.38%, 2.70% au Maroc, moins de 1% en Algérie. Autres indicateurs, autres dimensions : la même année, le marché mondial des assurances a globalement réalisé un chiffre d'affaires de l'ordre de 4066 milliards de dollars dans les branches vie et non-vie.
Par continent, l'Europe s'est taillée la part du lion avec 39,60%, l'Amérique 33.20%, l'Asie 24% et 01,20% pour l'Afrique, indique le rapport de la Fédération des sociétés d'assurance africaines qui ajoute qu'à l'exception de l'Afrique du Sud, la part des pays africains dans le chiffre d'affaires mondial est de 0,30%. En termes relatifs, notre pays dispose d'atouts certains à même de lui permettre de grignoter des parts non négligeables aux leaders africains et même mondiaux, notamment dans l'assurance de personnes et des biens immobiliers, les deux branches les plus rémunératrices en Afrique du Sud ou ailleurs.
Malgré un potentiel assurable estimé par des experts internationaux à quelque 5 milliards de dollars, l'absence d'une culture de prévoyance chez une écrasante majorité de la population algérienne et la faiblesse du pouvoir d'achat privent le marché national des assurances d'importantes ressources, a indiqué Djamel Taleb, directeur régional (Est) de la Compagnie algérienne d'assurance et de réassurance (CAAR) dans une de ses déclarations à El Watan.
Aux yeux de responsable, les assureurs nationaux publics ou privés doivent redoubler d'efforts à l'effet d'assurer les conditions d'un marché favorisant une croissance réelle et auquel pourraient s'adosser les leaders mondiaux au cas où l'on penserait à ouvrir les compagnies publiques aux capitaux étrangers. Un challenge qui ne peut, à ses yeux, être relevé sans la stimulation de l'activité par la diversification des produits d'assurance avec en particulier la promotion des assurances des personnes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Naima Benouaret
Source : www.elwatan.com