Coût de la vie - Salaires : le lièvre et la tortue
Bilan n Le pouvoir d'achat a enregistré durant une période d'un peu plus de 10 ans (2001-2012) une véritable érosion, voire un effondrement.
Alimentation, éducation des enfants, transport, habillement, célébrations des fêtes, charges locatives, ainsi que toutes les autres petites dépenses de tous les jours sont autant de casse-tête chinois auxquels fait face le préposé à la gestion du budget familial.
Une mission des plus périlleuses confiée généralement à la mère, considérée chez nous et à l'instar de beaucoup de sociétés, comme plus prévoyante et plus à même de mener à bien cette lourde tâche.
Or, au titre de ce véritable challenge auquel elle doit faire face, les derniers chiffres communiqués par l'Office national des statistiques (ONS) est loin de lui faciliter la tâche, tant le verdict est sans appel : le pouvoir d'achat a enregistré durant une période d'un peu plus de 10 ans (2001-2012) une véritable érosion, voire un effondrement. Pour ne citer que les écarts qu'enregistrent les prix des produits alimentaires durant cette période, 127% d'augmentation pour la viande ovine passant de 500 DA le kilo en 2001 à 1 140 DA au premier trimestre de l'année en cours. Le poulet, pour sa part, a connu une hausse de 49 % vendu à 283 dinars le kilo en mars 2012 contre 190 DA en 2001.
Même les 'ufs semblent s'être fait une place dans ce palmarès ayant enregistré une augmentation de plus de 71 %, de 11 DA l'unité actuellement contre 6 DA en 2001.
Les fruits et légumes ne font, bien entendu, pas exception et sans surprise la plus haute marche du podium est dominée par celle qui aura pris la vedette durant plusieurs mois, voire plusieurs années, la pomme de terre (rouge et blanche) et dont les prix ne semblent même pas pouvoir être maîtrisés statistiquement.
Ce légume du pauvre, comme il plaît à certains de l'appeler, a vu ses prix valser au gré de l'humeur du marché en atteignant des sommets en certaines périodes.
Ces derniers ne semblent contraints à aucune logique économique ayant frôlé des pics psychologiques, soit au-delà des 100 DA durant plusieurs semaines du premier trimestre de l'année en cours, pour, semble-t-il, garder le cap des 40 DA ces derniers jours, contre 24 DA en 2001.
Bien sur ses dauphines, dans la catégorie fruits et légumes, ont eu leurs parts d'augmentation avec plus de 156 % pour la tomate, 141 % pour le navet, 105 % pour la carotte et 78 % pour le citron, durant cette même période.
Sans parler du prix de la datte qui fait même de l'ombre à des fruits portant des noms imprononçables, venus des quatre coins du monde, qui même en traversant les océans, parcourant des milliers de kilomètres, n'arrivent pas à afficher les 444 DA qu'exhibe la Deglet Nour. Celle-ci était vendue à 177 DA en 2001, soit 150 % d'augmentation. Un rythme d'augmentations de prix que même les diverses revalorisations salariales ont du mal à suivre.
Lyes Sadoun
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lyes Sadoun
Source : www.infosoir.com