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Maâzouz Bouadjadj et Abderrahmane El-Koubi honorés au TNA



Les planches du Théâtre national algérien (TNA) ont abrité samedi dernier un émouvant hommage à ces deux artistes, organisé par l'Association du 3e millénaire.Pour le lancement de son cycle d'hommages aux personnalités de la sphère culturelle algérienne, le choix de l'Association du 3e millénaire s'est porté samedi dernier sur Maâzouz Bouadjadj, le chantre du chaâbi de la ville de la Salamandre à Mostaganem et l'aède d'Alger Abderrahmane El-Koubi. Soit deux artistes issus de deux générations différentes, dont Maâzouz Bouadjadj qui a côtoyé Amar Lachab, Hassen Saïd, Rachid Souki et El-Hachemi Guerouabi (1938-2006). Quant à Abderrahmane El-Koubi, il a subi l'influence d'Omar Mekraza (1924-1986) et avait pour mentor le cheikh Abdelkrim Dali (1914-1978) au conservatoire municipal d'Alger. "Au-delà de la gratitude due à l'itinéraire de l'artiste, l'optique est d'évoquer la femme et l'homme de l'art où qu'ils soient afin qu'ils ne tombent pas dans l'oubli", a déclaré Sid Ali Bensalem, président de l'Association artistique et culturelle du 3e millénaire.
Donc, et au-delà de la reconnaissance au duo de virtuoses du mandole, l'aveu de gratitude se veut aussi l'acte de pérenniser le patrimoine culturel traditionnel qu'a initié l'Onda (Office national des droits d'auteur et droits voisins) "au carrefour de la création et du talent", a-t-on su de son directeur général Abdelhamid Cherdoud.
À deux, nos "maîtres" ont fait leur entrée sur la scène de l'opéra Mahieddine-Bachtarzi au son de la folklorique zorna, des t'biblet (tambourins) et sous les hourras qui fusaient du cénacle d'artistes dont le "chaâbiste" Abdelkader Chercham et la comédienne Nawel Zâatar, aux côtés de ses homologues Mustapha Ayad, l'humoriste Ahmed Kadri dit "Krikèche", Rabah Lechea et Djamel Bounab, venus pour y donner l'accolade à leurs alter ego avec lesquels ils ont si tant à partager.
Et c'est aux notes de Touchiat gh'rib, interprété par l'orchestre placé sous la direction du joueur de "tar" Benazizi Krimo, qu'a débuté le tour de chants d'une pléiade d'artistes, dont Hakim El-Ankis, qui a égayé l'auditoire des éternels standards, à l'instar de l'indémodable Tchaourou âaliya, de son paternel Boudjemâa Mohamed Arezki dit El-Ankis (1927-2015).
Et à y prêter l'oreille, celle du mélomane y décèle le confort de l'harmonie de l'orchestre, où les notes des banjoïstes Fateh Akili et Mohamed Moussaoui dit Mimidou créent l'idéale osmose avec les cordes du qanoun de Mabrouk Hamaï et du violoniste Hamid Mokrane. Autre harmonie, celle du clavier où pianotait le duo Boualem Benzerouk-Fayçal Maalem, au son de la derbouka de Brahim Aggad, qui ont amplifié les indétrônables Ya qalbi kheli el hal et Mel h'bibi malou, qu'a interprétées la diva Nadia Bouchama dite Nardjess, à laquelle ont succédé sur les planches Samir Toumi et l'inévitable Abdelkader Chaou.
Du reste, la distinction honorifique ainsi que la médaille du mérite et le Burnous du terroir ont été remis, avec des bouquets de fleurs et autres cadeaux, par Sid Ali Bensalem, Abdelkader Bendamèche, le directeur de l'Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc) et le comédien Mustapha Ayad, en reconnaissance à l'apport de ces grands artistes à la culture algérienne et au patrimoine musical. Et au finish, Abderrahmane El-Koubi a gratifié l'assistance de sa qaçida Ya baba lahnin, en hommage à son père.

Louhal Nourreddine
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