Le cycle du film ibéro-américain se poursuit à l'Institut Cervantès d'Alger. Jeudi dernier, à 18h, le public avait rendez-vous avec le long métrage brésilien Terra estrangeira (Terre lointaine), réalisé par Walter Salles et Daniela Thomas. Dans son allocution, l'ambassadeur du Brésil à Alger, Falvio Marega, a affirmé que "ce film est considéré comme l'un des 5 meilleurs films du Brésil". Sorti en 1995, Terra estrangeira est un film culte qui a fait mouche. Il aborde un sujet très particulier et non des moindres, à savoir celui de l'intégration et du retour aux racines. Tournée en noir et blanc, la fiction relate l'histoire de Paco qui partage, à Sao Paulo, son triste et morose quotidien avec sa mère, âgée, couturière. Lui, rêve de gloire : devenir un acteur célèbre.Elle, effectuer un pèlerinage et pas n'importe lequel : retourner dans son pays, celui de ses aïeux : le Portugal? Pris par sa quête de célébrité, Paco ne comprend pas le désir de sa mère de "retourner au pays", allant jusqu'à lui demander de reléguer ce projet aux calendes grecques. À la mort de cette dernière, se retrouvant seul, sans le sou, désemparé, ne sachant quoi faire, pris dans la spirale du chagrin qu'il tente de noyer dans l'alcool, il est apostrophé par Igor, un trafiquant. Sympathisant, et de fil en aiguille, ce dernier propose au jeune homme de partir à Lisbonne à la seule condition de prendre un paquet à remettre une fois sur place. Paco accepte la proposition. Pour lui, c'est l'occasion de partir à la "terre promise", le pèlerinage dont sa mère a toujours rêvé. Un pèlerinage par procuration. Une manière de faire amende honorable et d'avoir la conscience tranquille.
Cependant, ce qu'il ne sait pas, c'est qu'en acceptant l'offre d'Igor que rien ne justifie, il sera mêlé, et ce, à son insu, à une histoire de trafic de drogue et de pierres précieuses. Il rencontrera également Alex, une jeune serveuse brésilienne, en exil dans "la terre promise", venue chercher fortune et qui tente, tant bien que mal, de se reconstruire, de réussir après sa rupture. Terra estrangeira, qui prend les tournures d'un polar, mêle avec brio amour et sentiments d'exil.
En effet, les réalisateurs abordent, en filigrane, la place de nombre de Brésiliens dans leur pays d'origine : le Portugal. Comment sont-ils perçus ' Sont-ils acceptés, voire tolérés ' Ont-ils leur place ' Autant de questions abordées tout au long de ce film de 124 minutes. Avec une esthétique irréprochable due en grande partie au choix du noir et blanc. La présence de l'amour et des éléments du polar ont permis à ce film de ne pas lasser ou d'être considéré comme un documentaire existentiel.
R. C.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Liberté
Source : www.liberte-algerie.com