Lula s'en va. Il a réussi là où Castro et Chavez ont échoué.
Le président le plus populaire au monde depuis Nelson Mandela s'apprête à
quitter la scène. Luiz Inácio Lula da Silva, ou plus simplement Lula, quittera
ses fonctions au début de l'année prochaine, après deux mandats durant lesquels
il aura réussi un pari fabuleux : réveiller un géant endormi pour le pousser
vers un immense destin.
L'enfant du peuple, formé à la
dure, passé par le syndicat et la prison, a en effet transformé son pays. Il a
créé une puissante locomotive qui promet d'entrainer toute l'Amérique Latine
dans une dynamique, et montré qu'il était possible de donner plus aux pauvres
sans avoir à pendre les riches, et de mener une politique de gauche sans se
donner en spectacle ni ridiculiser sa fonction.
Le bilan de Lula est élogieux,
malgré la persistance des inégalités et la violence sociale qui continue de
secouer la société brésilienne. Dans tous les domaines, le Brésil a connu des
bouleversements sous la présidence de Lula, qui a ancré la démocratie dans les
mÅ“urs du pays, montré que les pauvres savent redistribuer mais aussi produire,
et doublé le pourcentage des enfants issus de familles pauvres dans les
universités; il a fait de son pays une puissance diplomatique, mais surtout une
puissance économique, qui exporte de tout, pas seulement des footballeurs et de
la samba.
S'il fallait, dans ce bilan,
choisir quelques points qui symbolisent l'ère Lula, on en retiendra trois.
D'abord, les revenus se sont tellement améliorés que plus de trente millions de
personnes, l'équivalent de la population algérienne, ont quitté le statut de
pauvre pour intégrer la classe moyenne entre 2002 et 2008. Et maintenant que
l'élan est donné, 36 millions de Brésiliens franchiront cette barrière durant
les quatre prochaines années, si les conditions de croissance et de
redistribution sont maintenues.
L'ascenseur social fonctionne à
plein régime. Ensuite, Lula a créé une pension, une sorte de filet social,
appelée bourse familiale, accordée aux plus pauvres à condition que les enfants
aillent à l'école et soient soumis à un suivi médical rigoureux. Treize millions
de familles en bénéficient.
C'est un formidable soutien pour
les femmes qui élèvent seules leurs enfants, quand on sait que la société
brésilienne est celle où la notion de famille est la plus lâche.
A titre d'exemple, l'ancienne
star du football, Romario, qui vient de se faire élire député, a reconnu plus
de dix enfants issus de mères différentes…
Enfin, les paysans pauvres du Nordeste, ceux qui avaient pris l'habitude
d'envahir les terres des riches, donnant lieu à des affrontements sanglants,
ont compris que ces méthodes n'étaient guère efficaces en comparaison des
aides, limitées mais concrètes, offertes par Lula. Le principal mérite de Lula
est d'avoir mis le moteur en marche, d'avoir mis le Brésil en mouvement, et
d'avoir convaincu tous les partenaires qu'ils pouvaient tous en tirer profit,
selon un engrenage qui parait assez simple.
Donner au pauvre de quoi manger
et de quoi scolariser les enfants, c'est élargir le marché de l'entreprise
brésilienne, garantir un travailleur formé pour demain, former également un
citoyen, réduire le chômage et la délinquance, assurer la sécurité autrement
que par la force brutale, etc. Et la recette a fonctionné. Avec quel budget ? A
peine 0,5 pour cent du PIB, assurent les partisans de Lula. Un investissement
dérisoire, mais un résultat exceptionnel, couronné par cet exploit : Lula a
redonné leur dignité aux pauvres. Classé désormais comme la huitième puissance
économique au monde, le Brésil a toutefois un PIB par habitant nettement
inférieur à celui des grands pays occidentaux. De plus, les inégalités restent
très fortes.
Mais cela paraît désormais
secondaire face aux mutations que connaît le pays. Car le Brésil s'est, d'une
part, engagé dans une formidable dynamique de croissance. Et, d'autre part, il
est en train de réussir son pari politique, celui d'asseoir un système
démocratique viable, après des décennies d'autoritarisme qui avait débouché sur
l'impasse et enfermé le pays dans la pauvreté. En ce sens, l'expérience de Lula
a confirmé que la démocratisation constitue une condition essentielle au
développement.
Comme Mandela, Lula a mis en
place des institutions pour assurer la pérennité de certains choix. Il sait que
le projet pour lequel il a milité toute sa vie demande du temps, et qu'il
n'appartient pas à un homme, ou à un gouvernement, de le réaliser
intégralement. Et comme le leader sud-africain, il a quitté le pouvoir au bout
de deux mandats, respectant la constitution de son pays, convaincu qu'il
appartient à d'autres générations et à d'autres dirigeants d'accomplir leur
part du travail.
Comme sorti d'un roman de George
Amado, Lula a utilisé le pouvoir pour aider son peuple, à l'inverse d'autres
dirigeants, comme Hugo Chavez ou Fidel Castro, qui ont utilisé leur peuple pour
prendre le pouvoir et s'y incruster. C'est la différence entre ceux qui font
l'Histoire, et ceux qui font des discours sur l'histoire.
Bonne retraite Lula, tu va nous manquer, parceque ton bon travail ton civisme à donné un grand espoir au brésilien et a toute l'amérique latine et aussi à notre vielle afrique !? si ces dirigeants veulent bien suivre le voie que vous meme avait
tracé pour le bien du peuple brésilien, et merci démocrate et bonne santé.
mostefa - retraité - béchar, Algérie
08/10/2010 - 7271
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Abed Charef
Source : www.lequotidien-oran.com