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Liberté de culte



Liberté de culte
Tout en réitérant l'engagement de l'Etat algérien à respecter la liberté de culte désormais garantie par la Constitution, le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aà'ssa, a démenti toute velléité de combattre l'Ahmadisme en Algérie.Lyas Hallas - Alger (Le Soir) - Après plusieurs mois de polémique sur l'Ahmadisme sous fond d'arrestations d'adeptes de ce mouvement né au Pendjab en Inde se réclamant de l'islam accusés plutôt de collecte illégale de fonds, le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aà'ssa, a démenti toute velléité de l'Etat algérien à combattre ce courant religieux.«Ce n'est pas spécifique aux Ahmadis puisqu'il y a des imams malékites poursuivis pour les mêmes raisons. Il s'agit de poursuites contre des personnes qui ont enfreint la loi et ne visent nullement ce courant religieux en tant que tel. Nous n'avons aucune velléité à combattre des croyances, qu'elles soient islamiques ou se réclamant d'autres religions monothéistes», a-t-il souligné.Il a ajouté, citant le groupe islamique al-Ahmadiya basé au Royaume-Uni lequel l'a saisi officiellement à travers l'ambassade d'Algérie à Londres, que le nombre des Ahmadis qui ont reçu des convocations de la justice est de 123 dont 21 qui ont fait l'objet d'arrestation.Mohamed Aà'ssa, qui s'est exprimé sur le sujet devant un parterre de diplomates algériens et étrangers lors d'une conférence organisée par l'Institut de diplomatie et des relations internationales, est ainsi revenu sur les efforts consentis par l'Etat algérien aussi bien en Algérie qu'à l'étranger en vue de réconcilier les Algériens avec leur référence islamique ancestrale, celle de la modération, et aider ses voisins et partenaires à éradiquer les extrémismes. «Nous avons vécu les affres de l'extrémisme et son lot de terrorisme et de sang, de haine et de xénophobie, de colère et de rancœur, mais, Dieu merci, nous sommes arrivés à apaiser les esprits en assainissant l'espace religieux justement. La réconciliation nationale a permis à nos imams de dialoguer avec les extrémistes et la mosquée de reprendre son rôle social en diffusant l'esprit de citoyenneté et de cohabitation», a-t-il déclaré.Dans ce contexte, il a noté que l'Algérie partage son expérience avec tous les partenaires qui sollicitent sa coopération en matière de prévention contre l'extrémisme, notamment la France à travers la formation d'imams. «Notre référence religieuse, celle de la modération, prène la cohabitation et un islam en phase avec la société où il est implanté, au service de la communauté», a-t-il expliqué.Or, le ministre n'a pas manqué d'avertir contre le sectarisme : «Notre conception de l'islam transcende les différents courants puisqu'il y a un seul islam. S'il y a des débats, ils doivent être tranchés par les instances scientifiques qui ont l'habitude en Algérie de prendre des positions qui ne sont pas forcément malékites malgré la prépondérance de ce courant en Algérie. Et les jurisprudences de nos oulémas prennent en considération la présence en Algérie des courants hanbalite et chafiite mais aussi ibadite lequel a beaucoup évolué sous l'impulsion de cheikh Brahim Beyyoudh se rapprochant du malékisme sur bien de questions. Nous refusons juste que ces courants religieux fassent de l'Algérie un terrain pour régler leurs conflits qui sont souvent d'ordre politique. Nous refusons le confessionnalisme et nous combattrons toute forme de sectarisme», a-t-il asséné.Et de conclure : «Une loi d'orientation sur les affaires religieuses est en préparation et viendra bientôt encadrer toutes ces bonnes pratiques dans la continuité de l'esprit de Cordoue tout en garantissant les libertés de toutes les communautés religieuses».
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