
L'effervescence militaire en Méditerranée déplaît souverainement aux voisins de la Libye: l'Egypte, la Tunisie et l'Algérie.Les trois pays parlent d'une même voix pour rejeter toute idée d'intervention de forces étrangères en Libye, qui «engendrera davantage de destruction et de pertes humaines». C'est d'ailleurs ce qu'a déjà déclaré Ramtane Lamamra, ministre des Affaires étrangères. Il considère que «les aventures militaires n'ont aucune chance d'aboutir au règlement de ce problème ni dans l'immédiat ni à long terme». Cela ne dissuade pas les Européens et les Américains. Même s'ils désespèrent de la formation d'un gouvernement d'union en Libye, ils ont déjà annoncé la couleur pour une éventuelle intervention à cause de l'éloignement.d'une solution politique. Car effectivement, les jours passent et les différentes factions qui s'opposent n'arrivent toujours pas à s'entendre sur la composition d'un gouvernement. Or, même ce gouvernement pourrait permettre l'intervention des Occidentaux. Lui seul peut légalement demander l'aide de l'ONU dans sa lutte contre Daesh. L'ONU pourrait s'empresser alors de mandater l'Italie pour conduire une coalition.Sur le terrain, il y a déjà des prémices de cette intervention. Les forces spéciales de plusieurs pays européens agissent déjà de façon plus ou moins discrète. Les aviations conduisent régulièrement des vols de reconnaissance pour identifier les cibles. Le navire amiral de la flotte italienne croise le long des eaux territoriales libyennes alors que le porte-avions Charles de-Gaulle quitte le Golfe pour regagner la Méditerranée. L'Italie a déjà mis en place un centre de coordination à Rome. Ces événements surviennent alors que l'emprise de l'Etat islamiste en Libye suscite l'inquiétude croissante des voisins et des Occidentaux. Fin 2015, la France avait reconnu avoir mené des opérations de renseignement au-dessus de la Libye avec des avions du Charles-de-Gaulle qui avait pris le 19 décembre, dans le Golfe, le commandement de la composante maritime de la coalition internationale qui lutte contre le groupe Etat islamique en Syrie et en Irak. En deux mois, ses avions avaient effectué 370 sorties et 80 frappes contre l'EI, selon Paris.Alger n'apprécie pas trop que des forces étrangères s'activent chez son voisin libyen ce qui a poussé le ministère des Affaires étrangères à mettre en garde contre une éventuelle nouvelle intervention internationale dans ce pays.En 2011, Washington, Paris et Londres avaient lancé une opération militaire en Libye sous mandat de l'ONU pour soutenir les insurgés contre Mouammar El Gueddafi, avant que l'Otan n'en prenne les commandes. Aujourd'hui, la Libye, qui n'a pas réussi sa transition, est livrée à l'anarchie la plus totale. Avec deux gouvernements, l'un reconnu par la communauté internationale et l'autre érigé par des opposants appuyés par des mouvements islamistes. La violence est quotidienne d'autant plus que l'Etat islamique s'est déjà implanté dans plusieurs zones.Or depuis plusieurs jours, les informations se multiplient sur la présence de membres des forces spéciales françaises, américaines ou britanniques en Libye, ce qui n'a pas empêché l'Algérie de redire qu'elle respecte le droit du pays d'instaurer le régime qu'il juge adéquat pour son peuple.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ali TIRICHINE
Source : www.lexpressiondz.com