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Les vives inquiétudes des pédagogues



La date de la prochaine rentrée scolaire est désormais connue. Les élèves des trois paliers de l'éducation reprendront le chemin de l'école en octobre, soit avec un mois de retard par rapport aux années précédentes, mais surtout après une coupure qui aura duré sept mois. Une situation inédite qui, selon les pédagogues, impose une réorganisation au plan pédagogique. La tutelle n'a rien prévu dans ce sens, au grand dam des pédagogues.Nawal Imès - Alger
(Le Soir) - Les élèves et la famille éducative sont désormais fixés : la rentrée des classes se fera le 4 octobre. Après sept mois de déscolarisation forcée, les élèves entameront une année des plus particulières. La plus «difficile» et «exceptionnelle», commente le porte-parole du Cnapeste. C'est en effet la première fois que les élèves auront eu une telle coupure.
Le secteur, habitué aux mouvements de grève cycliques, n'a jamais connu une telle situation qui, aux dires des pédagogues, impose la prise de décisions en faveur d'un réaménagement de l'année scolaire.
Ahmed Tessa, pédagogue et ancien cadre au ministère de l'Education, déplore le fait que la tutelle semble considérer que l'année scolaire qui s'est arrêtée au mois de mars se soit déroulée «normalement». Il estime que c'est une «grave erreur» de ne rien prévoir pour réaménager l'année à venir. Pire, selon Ahmed Tessa, le problème réside dans «la vision archaïque» qui fait que les examens soient plus importants que tout autre paramètre, comme les classes non concernées par les examens nationaux ou les matières dites de spécialités. C'est le « moyen-âge pédagogique », déplore-t-il.
Messaoud Boudiba, le porte-parole du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur tertiaire de l'éducation (Cnapeste), prédit, pour sa part, une année scolaire aussi inédite que difficile. Messaoud Boudiba estime qu'elle ne sera en rien ordinaire, au regard de la situation sanitaire, de la coupure imposée aux élèves qui ne sera pas sans conséquences psychologiques. Pour lui, le calendrier tel qu'il a été tracé par la tutelle, sans aucune consultation, vise à mettre en place une rentrée «protocolaire», alors que cela aurait nécessité l'ouverture d'un débat au sujet des mesures à prendre pour rattraper le retard et repenser l'année scolaire.
Pour le porte-parole du Cnapeste, la situation telle qu'elle se présente nécessite un schéma devant permettre de mettre en exécution un plan de travail au plan pédagogique qui puisse replâtrer les lacunes causées par sept mois de coupure, mais surtout s'assurer que cela ne va pas hypothéquer l'avenir des élèves. Ces derniers se retrouvent en classes supérieures ou, pire, au niveau de l'université sans le pré-requis du troisième trimestre.
Une situation à laquelle la famille pédagogique n'avait encore jamais été confrontée et à laquelle elle n'est visiblement pas préparée à faire face.
N. I.
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