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Les résistances au retour de Baba Merzoug sont à Alger, selon Belkacem Babaci



Les résistances au retour de Baba Merzoug sont à Alger, selon Belkacem Babaci
Baba Merzoug, ce fameux canon construit au 16é siècle sous la régence turque, pris par les français des batteries de la marine algérienne en 1830 lors de la prise d'Alger actuellement exposé au port de Brest, n'a pas beaucoup de chemin à faire pour rentrer ''chez lui''. Pour cela, il faudrait que ''les résistances'' incompréhensibles en Algérie sautent, constate, amer, le président de la Fondation Casbah, Babaci Belkacem, également responsable du comité de restitution de ce canon à l'Algérie.
Au siège de la Fondation Casbah, une vieille bâtisse basse et fraîche de l'époque ottomane qui a gardé ses belles ''zellige'', en contrebas de Bab Ejdid, des journalistes sont venus mercredi entendre de la bouche même de M. Babaci si vraiment l'Algérie a fait une demande officielle pour la restitution par la France de cette pièce d'artillerie de 12 tonnes de bon cuivre. Babaci n'est pas mâché ses mots pour signifier que les ''résistances pour le retour de Baba Merzoug en Algérie se situent....en Algérie''. Il y a d'abord un ministre qui lui a fait cette remontrance: ''chkara Hass (beaucoup de bruits) pour un morceau de cuivre''. Un autre lui répondra, alors qu'il faisait du porte à porte pour recueillir le soutien de membres du gouvernement: ''il faut d'abord qu'ils demandent pardon (pour les exactions faites en Algérie), après on verra''. Dans une chambre très aérée alors que dehors il faisait presque 38 degrés, chaulée et pleine de mosaïques, Babaci s'évertuait à convaincre des journalistes un peu perdu dans l'histoire de leur pays que officiellement, il n'y a pas eu de demande par le gouvernement algérien pour le retour au pays de cette pièce d'artillerie originale. ''Oui, le chef du gouvernement Ahmed Ouyahia est au courant, le Président également. Ils m'ont encouragé. Et puis, les démarches étaient dans le bon sens durant le quinquennat de Sarkozy, et même il y a eu des promesses que cela pourrait se faire dans le cadre de l'anniversaire du cinquantenaire de l'Indépendance'', dira-t-il aux journalistes.
« Nous gênons » !
''Nous allons continuer à travailler dans le même sens avec l'équipe de Hollande. Nous y somme dessus et nous avons déjà contacté ses plus proches collaborateurs, qui sont des franco-algériens'', ajoute M. Babaci. Il s'en est également pris à la position désinvolte de la ministre de la culture, qui n'a pas fait grand choses jusqu'à présent dans ce dossier qui relève, selon lui, de son département. En France par contre, l'ancien patron de la DST, Yves Bonnet, a créé une association locale pour la restitution de La Consulaire, nom que les français donnent à ce canon de 7 mètres. J.P. Chevènement, ancien ministre de l'intérieur, est également sur la brèche pour le retour en Algérie de Baba Merzoug, selon le Président de la Fondation Casbah. Conclusion implicite : les réticences au retour de ce canon mythique en Algérie se situeraient beaucoup plus près des rives algéroises. Même le quotidien El-Moudjahid, qui abrite des forums à longueur d'années, a ''refusé d'abriter cette conférence de presse'', nous confie un responsable de la Fondation Casbah. ''Nous gênons, et nous avons peur qu'on nous retire notre agrément'' à force de faire du lobbying pour ce sacré canon, finira par lâcher Babaci. Fabriqué par un probable esclave vénitien au 16é siècle, ce canon, baptisé par les algérois ''Baba Merzoug'', car il les protégeait des envahisseurs, est également à l'origine de l'autre nom d'Alger : ''El Mahroussa'' (la bien gardée).
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