Les Algériens ne militent pas assez pour défendre leurs droits alors que la justice n'est qu'un instrument de répression entre les mains du pouvoir, soutient l'ancien président de Laddh, Mustpaha Bouchachi. Mohamed Smaïn, figure de proue du combat contre les disparitions forcées, estime qu'il ne peut avoir des droits de l'homme dans un pays de « non-droit »
Les violations des droits de l'Homme en Algérie sont encouragées par « l'abdication » de la classe intellectuelle et de la société civile, estime maitre Mustapha Bouchachi, député FFS et ancien président de la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme LADDH. Si la torture, l'impunité, la violence policière et l'interdiction des manifestations pacifiques persistent c'est, parce que la société algérienne « ne milite pas assez » pour défendre ses droits », a-t-il dit, au cours d'une conférence animé au siège du FFS en compagnie du militant Hadj Mohamed Smaïn, au siège du FFS à Alger. Selon lui, les citoyens algériens ne saisissent pas souvent les organisations des droits de l'Homme pour dénoncer les exactions dont ils sont victimes. La dénonciation peut se faire auprès du Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU ou d'autres organismes internationaux qui peuvent « faire pression » sur l'Etat algérien et l'amener à faire preuve de plus de considération à l'égard de ses citoyens. Contrairement à leurs voisins marocains et tunisiens, les Algériens ne profitent pas de ces possibilités de protection de leur intégrité physique « faute de conscientisation ». Pour Bouchachi, la situation ne prête pas beaucoup à l'optimisme dans la mesure où la Justice, censée être l'autorité chargée de protéger les Droits de l'homme, est réduite à un simple « instrument entre les mains du pouvoir ». Il a cité en ce sens le cas du syndicaliste Abdelkader Kherba mis en prison, en avril dernier, après que le procureur général eut reçu l'ordre de l'arrêter.
Au Maroc, c'est plus clair...
« Au Maroc au moins c'est plus clair, on l'appelle le procureur du Roi », ironise l'avocat avant de souligner que « la situation est vraiment grave quand un juge constate des violations et ne fait rien pour rendre justice ». Mustpha Bouchachi considère que « L'Algérie n'a pas de pouvoir judiciaire. Notre justice est un instrument de répression au service de l'Etat ». Et d'ajouter : « L'Etat algérien n'a jamais eu pour objectif de travailler pour le bonheur du peuple, son seul souci étant de garder le pouvoir ». Cette lecture est poussée plus loin encore par l'ancien vice-président de LADDH, Mohamed Smaïn, emprisonné récemment à cause de son activisme pour la vérité sur les disparitions forcées enregistrées dans sa région à Relizane, durant les années 1990. Mohamed Smaïn était catégorique : « il ne peut pas y avoir de droits de l'Homme dans un pays de non droits ». Selon lui, « il n y aura pas respect des droit de l'Homme en Algérie sans changement du régime en place ». Il estime que Khaled Nezzar est « responsable » des exactions commises durant les années 1990 car il était le premier responsable de l'armée.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farouk Djouadi
Source : www.maghrebemergent.info