Les nouveaux députés à l'Assemblée Populaire Nationale, chambre basse du Parlement algérien, seront installés officiellement samedi prochain, dans un contexte de contestation de la légitimité du nouveau parlement. Ce scénario n'est toutefois pas nouveau : les élections en Algérie attirent beaucoup de candidats, mais se terminent invariablement par des accusations de fraude.
Une quinzaine de partis politiques algériens ont décidé de boycotter la future assemblée nationale (APN), dont l'installation officielle est prévue le 26 mai. Premier constat : huit partis, soit la moitié des membres de cette alliance hétéroclite, n'ont obtenu aucun siège lors du scrutin législatif du 10 mai. Le plus « lourd » parmi ces partis déçus est le FNA de Moussa Touati, crédité de neuf sièges, suivi de l'Addala de l'islamiste Abdellah Djabellah, qui a obtenu sept sièges.
Le boycott annoncé par ces partis, pour dénoncer la fraude qui aura maqué, selon eux, les élections législatives, n'aura donc pas de conséquence politique majeure, en raison du faible ancrage populaire des partis concernés. Pourtant, la décision de boycott veut aller dans le sens du sentiment qui a dominé avant et pendant les élections, avec une abstention qui a atteint 60 pour cent des votants, et une appréciation mitigée du résultat du vote. Le scrutin a été marqué par un retour en force du FLN, ancien parti unique, qui est en phase de se retrouver majoritaire grâce au ralliement d'une quinzaine de députés qui s'étaient initialement présentés comme indépendants. Ce retour au vieux parti contraste avec le nombre de sièges remportés par des femmes, 146 sur 462, soit plus du tiers.
A un autre niveau, l'Alliance de l'Algérie verte (islamiste), le Front des Forces Socialistes (FFS de Hocine Aït-Ahmed) et le Parti des Travailleurs (PT) de Mme Louisa Hanoun, ont vivement critiqué le déroulement et le résultat des élections, mais ils ont décliné l'invitation à se joindre au boycott. Ces partis, qui ont obtenu une moyenne de vint sièges chacun, pourraient constituer des groupes parlementaires, et peser sur le fonctionnement du parlement.
Le FFS s'en est sorti avec une maigre récolte, obtenant quelques 188 000 voix. Les 21 sièges obtenus n'empêcheraient pas Hocine Ait Ahmed, l'un des chefs historiques de la guerre de libération, de constater les véritables proportions de l'ancrage populaire de son parti, qui fêtera bientôt ses 50 ans d'opposition.
Casse-tête juridique
La participation du FFS aux élections législatives avait quelque peu surpris, tant le parti se montrait traditionnellement méfiant envers les opérations électorales organisées par le pouvoir. Par contre, le PT de Mme Hanoune et l'Alliance verte, conduite par le président du MSP, Bouguerra Soltani, sont des participationnistes qui récusent systématiquement la politique de la chaine vide. Pour eux, l'objectif est de tirer les dividendes de la proximité avec les cercles de décision, tout en donnant l'image de partis l'opposition. Un stratagème apparemment usé, mais qui continue à servir auprès des électeurs.
Par ailleurs, la décision de boycott va poser un véritable casse-tête aux autorités algériennes lors de l'installation du nouveau parlement. Comment faire, en effet, avec les sièges devenus, de fait, vacants, alors que le conseil constitutionnel n'avait toujours pas tranché, mercredi matin, dans les 150 recours introduits par plusieurs partis qui s'estiment lésés'
Des tractations ont été engagées pour amener certains partis à revenir sur leur décision. Mais ces partis veulent monnayer leur retour au parlement, ce qui explique en partie le retard pris dans la publication des résultats définitifs. Quant aux députés qui boycottent l'Assemblée, leur décision peut être assimilée à une démission, auquel cas leurs sièges peuvent être considérés comme vacants par le Bureau de l'Assemblée Nationale, selon l'article 102 de la loi électorale, indique un juriste.
dans ce cas, la loi prévoir leur remplacement par le candidat suivant sur la même liste. Mais si tous les candidats font preuve de discipline, ce sera l'impasse.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farouk Djouadi
Source : www.maghrebemergent.info