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LES PROCUREURS GENERAUX ET LES PRESIDENTS DES TRIBUNAUX EN CONCLAVE CHEZ CHARFI Les mises en demeure du garde des Sceaux



C'est une mise en garde à peine voilée que le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Mohamed Charfi, a adressée aux présidents et procureurs généraux des cours, jeudi dernier lors d'une rencontre au siège de son ministère. Cette réunion sera suivie par une autre aujourd'hui samedi avec le Syndicat national des magistrats (SNM).
Abder Bettache - Alger (Le Soir) - Le ministre de la Justice est-il insatisfait du travail accompli jusque-là au niveau des cours et autres tribunaux ' Selon une source judiciaire, Mohamed Charfi n'y est pas allé par quatre chemins pour interpeller les cadres de son ministère (procureurs généraux et présidents de cours) pour plus de «professionnalisme» dans l'exercice de leurs métiers. La réunion qui a duré près de trois heures, s'est tenue à huis clos et a permis au premier responsable du département de la justice de rappeler à ses vis-à-vis, l'importance des réformes engagées dans le secteur de la justice», tout en rappelant que les présidents des tribunaux et les procureurs de la République étaient le vecteur essentiel» de la mise en œuvre des politiques judiciaires de l'Etat en les traduisant concrètement au service des justiciables. Dans son allocution, le ministre a insisté sur le rôle que jouent tous les intervenants du secteur de la justice y compris vos proches collaborateurs», que sont les personnels du greffe et les autres fonctionnaires, dont ceux des corps communs. Quant à la situation que traverse son secteur, M. Charfi a exhorté les procureurs de la République et les présidents de tribunaux à «être à l'écoute de tous et prendre les initiatives pertinentes en la matière», affirmant que la «sérénité du travail est la condition d'une justice apaisée, éloignée des invectives et des conflits marginaux contraires à l'objectivité et l'impartialité de la justice». Selon lui, «la fonction de président de tribunal et de procureur de la République permet de mesurer combien est précieuse la bonne collaboration de la police judiciaire pour une efficacité de l'action pénale. Cela implique que des relations de confiance et de respect soient en permanence entretenues entre les deux corps dans l'intérêt de la lutte contre le crime sous toutes ses formes». «La justice a besoin de tous ceux qui ont fait serment de la servir, et le juge en premier», a encore souligné M. Charfi, expliquant que «rendre justice n'est pas une simple obligation professionnelle et ne saurait s'accommoder d'une application mécanique de la loi». Et d'ajouter : «Elle a besoin en ces temps où la corruption fait des ravages, de bons pêcheurs qui savent nouer leur filet afin qu'il laisse passer le menu fretin pour ne retenir que les requins.» Pour M. Charfi, «les collaborateurs sont aussi précieux à la qualité de la justice que le juge. Ils sont responsables et même si leurs tâches semblent parfois simples, elles peuvent avoir des conséquences graves sur le contenu du jugement auquel ils contribuent en amont et en aval». Cette seconde rencontre avec les présidents et procureurs généraux des cours se veut à la fois comme un baromètre d'évaluation et également une mise en garde contre tout «manquement aux règles régissant le secteur de la justice». Le ministre de la Justice a indiqué, en outre, qu'il effectuera avec l'élite opérationnelle de la magistrature une évaluation ponctuelle de l'état de la justice pour «impulser une dynamique morale et élever notre mission conformément aux lois et articles de la Constitution».
A. B.
Ce samedi avec les animateurs du SNM
Après sa rencontre avec les présidents et les procureurs généraux des cours, le ministre de la Justice s'entretiendra aujourd'hui avec les membres du conseil national du Syndicat national des magistrats (SNM). Selon le président du SNM, Djamel Aidouni, «la rencontre entre les deux parties aura lieu au siège de la cour d'Alger et aura pour ordre du jour de débattre de la situation socio-professionnelle des juges». Il s'agit de la seconde réunion que le successeur de Tayeb Belaïz tiendra avec les représentants des magistrats après la rencontre de janvier dernier. Toutefois, il reste à se demander les motifs réels qui ont poussé le garde des Sceaux à rencontrer en un laps de temps très court les animateurs du SNM. Lors de cette première rencontre, le ministre de la Justice a lancé un appel impérieux à l'ensemble des juges à se «libérer de toute autre préoccupation que celle de conférer à l'acte de juger sa pleine substance». Le ministre avait affirmé également que le challenge majeur de la magistrature algérienne est de «gagner la confiance du citoyen, chose qui ne sera réalisable qu'en garantissant des jugements impartiaux ». Dans une récente sortie médiatique, M. Charfi a exhorté les magistrats à une lecture juste des lois, sans zèle ni exagération. Intervenant devant le SNM, le ministre a souligné que les membres du pouvoir judiciaire sont convaincus que la corruption et l'incompétence, l'immoralité et la perversion ne sont pas et ne seront pas une fatalité au pays du million et demi de chouhada.
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