Alger - Revue de Presse

Les partis divergent à propos d’une éventuelle prolongation de la date butoir de la Charte



Le Président appelé à arbitrer le dilemme On a évoqué il y a quelques jours une éventuelle rallonge du délai accordé jusqu’au 31 août aux terroristes pour se rendre aux autorités et bénéficier ainsi des mesures de clémence contenues dans la Charte pour la paix et la réconciliation nationale... Cette éventualité est aujourd’hui abordée par certains responsables politiques algériens qui voudraient voir donner encore du temps aux éléments les plus irréductibles, alors que certains courants la rejettent catégoriquement. Si le PT est connu pour avoir maintes fois appelé ouvertement au prolongement de ce délai, d’autres par contre n’hésitent pas un seul instant à rappeler leur position en s’en tenant catégoriquement à cette échéance, à l’image du RND et du Hamas. Cette dernière formation a même signé récemment une déclaration au nom de l’Alliance présidentielle pour exprimer son point de vue par rapport à cette question, en affirmant que cette question -la date butoir- est déjà tranchée. Le FLN, un autre partenaire dans l’Alliance et parti au pouvoir, a vite fait de démentir ce communiqué et de dénoncer par la même occasion l’initiative de Soltani. Le parti de Belkhadem, qui s’appuie sur une disposition de la charte qui donne au Président Bouteflika toute latitude d’accorder un délai ou non, renvoie les deux vis-à-vis à dos et estime que seul le Président Bouteflika possède les prérogatives (constitutionnelles) pour prendre toutes les mesures nécessaires pour la réalisation et la mise en œuvre de la charte au délai indiqué ou à sa prolongation. En clair, le FLN qui ne veut nullement se mouiller, attend l’arbitrage du chef de l’Etat pour se prononcer officiellement sur la question. Il reviendra donc au Président Bouteflika, qui se repose à l’étranger, de trancher la question de la prolongation du délai ou de s’en tenir scrupuleusement à la date butoir du 31 août. Les plus proches et les plus fidèles lieutenants de Hassan Hattab, l’ancien émir national du GSPC, aujourd’hui reclus et rangés, qui étaient sur le point de remettre leurs armes aux autorités, n’ont pas manifesté le moindre geste. Une vague de violences inouïes a même secoué le pays ces deux derniers mois. En effet, et à moins de deux semaines de l’expiration du délai de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, une recrudescence d’attentats à la bombe est constatée dans les régions d’Alger et Boumerdès. En 24 heures, divers attentats ont eu lieu à Alger et ses environs: une bombe contre des gendarmes à Réghaïa, un autre attentat a été perpétré à l’aide d’un engin explosif artisanal, faisant trois blessés parmi des policiers. L’attentat a visé des policiers qui accompagnaient une équipe dépêchée sur les lieux pour réparer une installation électrique sabotée en début de matinée par un groupe armé. L’un des deux gendarmes blessés lundi dans l’explosion d’une bombe à proximité du siège de leur poste à Réghaïa, a succombé mardi à ses blessures. Le second gendarme se trouve dans un état critique. Ces derniers jours, les groupes armés du GSPC sont donc à redoubler d’activité en commettant le plus possible d’attentats meurtriers, notamment contre des policiers et des gendarmes, et ce, à quelques jours seulement de l’expiration des délais de grâce accordés aux islamistes armés pour se rendre dans le cadre de la loi portant réconciliation nationale. Selon un décompte effectué à partir des informations publiées par la presse nationale, près de 300 islamistes armés à travers le territoire algérien ont déposé les armes depuis le 29 septembre 2005, date du référendum sur la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Une vaste opération militaire qui s’étend sur quatre wilayas limitrophes d’Alger a été déclenchée ces derniers jours pour neutraliser les dernières poches terroristes. Les forces de sécurité, elles, continuent de bombarder les amonts des régions de Blida et Tizi Ouzou et ont resserré l’étau sur les groupes armés encore en activité dans ces régions (voir l’article suivant). L’Etat algérien qui s’est prononcé dernièrement par le biais du ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni, sur la lutte contre le terrorisme, a indiqué que celle-ci «se poursuivra, après l’expiration du délai de mise en œuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale prévue fin août», sans pour autant indiquer que le délai accordé aux terroristes soit maintenu ou prorogé. Le ministre de l’Intérieur avait renouvelé son appel en direction des terroristes, toujours en activité dans les maquis, «à se rendre» afin de saisir l’opportunité qui leur est offerte à travers les dispositions de la charte, avertissant également ceux qui refusent de se plier aux conditions que l’Etat, passé ce délai, les «combattra par tous les moyens». A l’heure actuelle, il y a eu environ 2.500 islamistes libérés depuis le début de la mise en œuvre de la charte. Le ministère de la Justice avait avancé le chiffre de 2.200 prisonniers concernés par cette mesure de grâce. D’autres sources médiatiques donnent l’hypothèse de 3.000 prisonniers. Pour l’instant, quelque 2.500 islamistes algériens détenus pour terrorisme, dont certains émirs, à l’image de Abdelhak Layada, ont été libérés depuis le 4 mars dernier, alors que des centaines d’autres doivent l’être ces prochaines semaines. Hocine Adryen
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