Grosse surprise ! L'Ahaggar d'or de la quatrième édition du FIFAO a été
attribué au film «Les Palmiers blessés» du Tunisien Abdellatif Ben Ammar. Le
film est une coproduction algéro-tunisienne. De l'avis de ceux qui ont suivi la
majorité des films projetés, lors de cette édition, ce film n'est pas le plus
«méritant». Disons-le, lors de sa projection, il a ennuyé plus d'un. Tout
d'abord parce qu'il aborde un thème très lourd de signification mais avec des
pincettes : la falsification de l'histoire.
Cette entreprise est présentée
comme la simple Å“uvre de certaines individualités malveillantes et non comme un
projet institutionnel, avec des enjeux bien précis. Le film a dépouillé cette
question de toute sa complexité au point de la dénaturer. L'autre prétention du
film est de vouloir traiter la question de la quête de l'identité, mais d'une
manière presque infantile et fantaisiste.
Chama, l'héroïne du film, se
retrouve à Bizerte pour travailler sur le manuscrit d'un écrivain. Son passage
dans cette ville va nourrir chez elle l'envie de découvrir la tombe de son
père, mort lors des événements de Bizerte, remontant à 1961. Elle retrouvera
une de ses amies d'enfance installée à Bizerte avec un Algérien ayant déserté
son pays à cause de la guerre civile qui s'y déroule. Quand Chama déclare à
l'écrivain, témoin des événements de 1961, son intérêt personnel et son
intention de déterrer l'histoire de son père, ce dernier, parce que c'est un
faussaire, se débarrassera d'elle et se passera de sa collaboration.
Au bout du compte, Chama
découvrira que l'écrivain a fermé sa porte à son père quand la vérité : celui
qui est en train d'écrire un livre autobiographique sur son rôle dans les
événements de Bizerte, n'a même pas daigné porter secours à son père et lui a
fermé la porte de sa demeure avant qu'il soit exécuté froidement par les
soldats français. La légèreté avec laquelle sont traités des
sujets brûlants n'est pas l'unique écueil de ce film. «Les Palmiers blessés»
manque de rythme. Il commence par des cogitations personnelles, dans un wagon
de train et se termine de la même manière. L'histoire évolue d'une manière très
linéaire.
Il manque de vie parce que la
majorité des séquences se passent dans des intérieurs. En dehors d'une
rencontre dans un café, l'essentiel se déroule soit dans une demeure sur la
plage ou dans la maison de l'écrivain. Et pratiquement tous les personnages de
ce film sont presque des marginaux. L'un, musicien, (Hassan Kachache) fuyant la
guerre dans son pays et dont on ignore jusqu'à la fin ses préoccupations. On
est même amené par moments à se poser des questions sur sa place dans ce film.
Sa femme, quoique angoissée par l'avenir matériel de son couple, ne rate jamais
l'occasion pour se distraire. Les scènes de ses retrouvailles avec son amie
d'enfance sur la plage, répétées plus d'une fois, sont tout simplement
superflues. Cependant, on doit reconnaître à ce film au moins une chose : la
qualité de ses images. Ce qui ne justifie aucunement le prix qui lui a été
attribué… Même s'il immortalise peut-être les dernières parutions de feu Larbi
Zekal sur le grand écran.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ziad Salah
Source : www.lequotidien-oran.com