L’absence du président algérien au traditionnel défilé du 14 Juillet à Paris, auquel a assisté la majorité des signataires de l’acte de naissance de l’Union pour la Méditerranée, cache-t-elle un quelconque regret de l’engagement de l’Algérie dans cette entreprise “sarkozienne” ? Entretenant un long suspense sur sa présence au sommet du lancement de l’Union pour la Méditerranée, le président algérien s’est finalement rendu à ce rendez-vous, suite à l’insistance du chef de l’État français, qui jugeait le rôle de l’Algérie dans cette entreprise très important. Il n’en demeure pas moins qu’Abdelaziz Bouteflika a eu une présence peu remarquée à cette occasion, si on la compare à celles de l’Égyptien Hosni Moubarak ou du Syrien Bachar El-Assad, constamment sous les feux de la rampe au cours de leur séjour parisien. Qu’est-ce qui peut expliquer ce passage au second plan, même si le président français s’est attelé à souligner l’importance de l’engagement de l’Algérie dans l’Union pour la Méditerranée, à chaque fois qu’il en avait eu la possibilité, notamment durant la conférence de presse animée conjointement avec Moubarak, Ban Ki-moon, José Barosso et Bernard Kouchner ? Les concessions obtenues n’ont-elles pas satisfait Bouteflika, au point qu’il n’a pas accepté d’assister au défilé du 14 Juillet, auquel a pris part la majeure partie des chefs d’État et de gouvernement concernés par l’Union pour la Méditerranée. Peut-être qu’il a préféré rentrer pour bien préparer la visite de la chancelière allemande, qui commence demain. En fait, on ne sait pas avec exactitude ce que l’Algérie a eu comme dividendes de cette participation, ni quelles sont les explications fournies par Paris aux éclaircissements demandés par Alger sur certaines questions essentielles à la survie de l’entreprise “sarkozienne”, notamment le conflit israélo-arabe ? Jusqu’à preuve du contraire, notre pays ne récolte rien de concret dans l’opération, sauf que ses voisins n’ont pas été gâtés non plus, au point que le roi du Maroc a annulé sa participation au dernier moment. En effet, déçu de s’être vu refuser le privilège d’abriter le siège du secrétariat général de l’institution, pour lequel Barcelone est donnée favorite devant Tunis et La Valette, Mohammed VI a chargé son frère cadet, déjà présent sur les lieux, de diriger la délégation marocaine. Le souverain chérifien n’aurait également pas apprécié les dernières déclarations du chef de la diplomatie espagnole à Alger, où il avait admis avec son homologue algérien que le conflit du Sahara occidental est un “cas de décolonisation”. Voyant qu’il n’y avait rien à glaner à Paris, Mohammed VI a préféré se consacrer à son calendrier interne “surchargé”, après sa longue absence du Maroc. Pour revenir à cette histoire du siège du secrétariat général de l’Union pour la Méditerranée, en contrepartie de son engagement dans cette instance, qui constitue, selon Nicolas Sarkozy, une suite du processus de Barcelone, l’Espagne aurait exigé que la capitale de la Catalogne l’abrite en signe de reconnaissance à son œuvre de rapprochement entre les deux rives de la Méditerranée durant la décennie écoulée. Il n’en demeure pas moins que rien n’exclut que le président algérien ait obtenu des garanties gardées secrètes quant à l’octroi à l’Algérie de postes-clés au sein des institutions qui formeront cette union. Ce sont des choses qu’on ne peut pas rendre publiques et qui se révéleront au fur et à mesure que l’Union pour la Méditerranée prendra forme.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Abdelkamel K.
Source : www.liberte-algerie.com