
Pour commencer, le niveau du championnat (Ligues 1 et 2) est très modeste et fluctuant sur le plan rendement d'une année à une autre. Par exemple, une équipe comme le MCA, la JSK, l'USM Alger, le CRB, l'ES Sétif et l'ASO ont remporté il n'y a pas longtemps le championnat national sans alimenter l'équipe nationale d'un seul joueur. Les années qui suivent, elles jouent la relégation. Donc des difficultés pour trouver des joueurs talentueux capables d'alimenter nos différentes sélections nationales même au sein des clubs réputés forts, d'où nos internationaux émanent de championnats européens. Le malheur, c'est que même au niveau des sélections nationales des jeunes, on fait appel à des joueurs évoluant à l'étranger. Nos clubs sont-ils devenus si stériles que cela '! Il y a ensuite le public qui est très peu motivé (les stades, dans la majorité des cas déserts). Notre sélection nationale n'est pas indemne non plus des critiques. Son élimination gratuite des phases finales de la CAN 2012 pour des raisons diverses et partagées a fait couler pas mal d'encre. Nos installations de football ne répondent pas aux attentes des dirigeants de notre football' La liste est longue. Pour que le football national puisse sortir de cette crise, il faut revoir beaucoup de choses. Le football est une configuration sociale très importante. Il entre en interaction profonde et ramifiée avec tous les secteurs de la société. Chez nous, il est malheureusement considéré comme un secteur non productif alors que dans les pays où le professionnalisme règne, le football est un secteur économique de grande importance. On estime que les mentalités doivent changer. Nous devons profiter de ce que le passé offre de rationnel et nous orienter vers la modernisation des structures d'accueil et l'adoption de politiques administratives, sportives et techniques scientifiques. En un mot, faire place au rationnel et en finir avec la forme de politique de consommation longtemps adoptée par nos dirigeants. Les changements devraient s'opérer au niveau étatique ainsi qu'au niveau de la fédération. Au niveau des différentes instances gouvernementales, la part du sport en général dans le discours politique est très infime et ne dépassant pas des finalités assez vagues. Plusieurs projets à court et à moyen termes du gouvernement et des partis politiques, n'ont hélas pas pu être achevés. La construction de terrains par exemple. Depuis notre première organisation de la CAN 1990, rien n'a été fait. L'exemple frappant est celui du complexe sportif de Baraki ou de Tizi Ouzou. Il doit y avoir une réelle volonté politique qui vise la promotion du sport, en général, et le football, en particulier. Il faut investir dans l'entretien, la rénovation et la construction des installations sportives. Le pouvoir étatique doit donner un coup de pouce aux dirigeants de notre football qu'il s'agisse de la fédération ou des clubs : les difficultés financières semblent le souci majeur de ces dirigeants. Plusieurs alternatives sont possibles : les aider à trouver des sponsors de taille, leur octroyer des subsides pour formation, la création d'une caisse nationale pour la promotion du sport, en général, et du football en particulier, etc. Pour ce qui est de la fédération, elle devrait rester, en principe, en contact permanent avec tous les acteurs agissant de près ou de loin sur le football national. C'est le dialogue, la concertation et la transparence qui doivent animer ses tâches. Elle doit organiser des stages de formation, de recyclage et d'information en faveur des dirigeants de football. A chaque niveau de compétition, la fédération doit imposer un cahier des charges et un programme de travail, qui illustrent la politique de fonctionnement de tous les clubs de football. Elle doit imposer le fait que les élections des présidents des clubs devraient se faire par rapport à des projets d'action opérationnels. Et enfin, elle devrait mettre en place une direction technique nationale compétente et capable de concevoir et mettre en application un programme de réforme national pour la promotion du football au sein des clubs et au niveau des différentes sélections nationales y compris l'équipe première. Il est raisonnable de penser, aujourd'hui, que les clubs en sont parfaitement conscients et qu'ils ne peuvent plus espérer aller plus loin sans une totale restructuration des règles qui régissent à la fois leur organisation et leur fonctionnement. Alors, il faut leur donner les moyens pour développer leurs ressources propres et régulières, et ne plus les laisser dépendre de l'apport de mécènes qui peuvent, entre temps, ne plus avoir ni l'envie ni les moyens de le faire.
N. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N Bekkar
Source : www.latribune-online.com