Alger - Revue de Presse

Les lampistes et les autres



Pratiquement, tous les walis sortants reçoivent de la part du ministre de l'Intérieur un certificat de bonne conduite. En installant les nouveaux patrons de wilaya, Zerhouni se fait en effet un devoir, devant l'opinion publique, de rendre un vibrant hommage aux prédécesseurs pour l'accomplissement de leurs missions et les efforts louables qu'ils ont fournis le long de leur mandat. Ce rituel de l'autosatisfaction a de quoi exaspérer lorsqu'on connaît la nature et l'ampleur des problèmes en souffrance dans toutes les wilayas et auxquels la responsabilité de leurs premiers gestionnaires est directement liée. Il n'y a qu'à prendre le cas de la wilaya d'Alger, en citant l'exemple le plus frappant, pour se faire une idée sur les graves déficits constatés en matière de « gouvernance » territoriale, d'administration, d'organisation et d'animation à partir du moment où la capitale, au lieu d'aller vers une dimension conforme à sa vocation, ne cesse de reculer pour ressembler de plus en plus à un gros et affreux bourg. Prenez n'importe quel Algérien et questionnez-le sur l'état de sa capitale, il vous répondra spontanément : « Ça une capitale ? » A qui incombe cette dégradation d'une ville qui doit servir de vitrine au pays tout entier, sinon et en premier lieu à l'incompétence flagrante de celui qui a la charge de la diriger, mais qui dans les bilans échappe totalement à la critique ? A quoi sert un responsable s'il est dispensé à l'avance de rendre des comptes le moment voulu ? Mieux, s'il est assuré en prime de recevoir les honneurs pour sa médiocrité... C'est à cette question lancinante que doit en principe répondre Zerhouni à l'instant où il couvre de lauriers des walis laissant derrière eux des situations parfois très complexes. Il y a ici une sorte de compromission autour du phénomène de l'impunité qui fragilise considérablement les capacités de manœuvre des structures de l'Etat, à travers les hommes qui le représentent. Quand un responsable au plus haut niveau, qu'il soit wali, ministre ou cadre supérieur, n'est soumis à aucun contrôle susceptible de l'amener à veiller scrupuleusement à produire des résultats conséquents à sa fonction ou au poste qu'il occupe, le jeu de la hiérarchisation des relations gouvernants-gouvernés se retrouve forcément faussé. Jusque-là, le système algérien a généralement fonctionné sur la mise à l'écart des lampistes ou encore des « fusibles » qui sautent quand l'énormité de l'échec ne peut plus imposer le silence. Faut-il continuer sur cette voie et en même temps parler de réformes dont celle de l'administration n'est pas des moindres ?
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