Alger - Revue de Presse

Les dessous du seuil de pauvreté



Entre deux cocktails diplomatiques, les Nations unies ont jeté un chiffre qui n?a pas été démenti par l?Etat concerné : 12 millions d?Algériens vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Ce chiffre qui place l?Algérie à la 108e place mondiale sur 177 n?est pas sans rappeler son mauvais score aux jeux Olympiques et ses échecs répétés, entre autres celui de tenter de placer un scanner en état de marche au port d?Alger. Mais surtout il permet de réaliser qu?en Algérie une personne sur trois est pauvre. Pour bien comprendre, il faut prendre trois personnes dans la rue et les appeler au hasard Mo, Moh et Moho. Mo le démuni est au-dessous du seuil et se demande comment il vit encore. Moh le funambule est juste sur le seuil dans un équilibre précaire et se demande à quelle heure il va tomber. Moho le gras est au-dessus du seuil et quand il mange, ce qui lui arrive très souvent, des miettes tombent. Quand Moh s?en saisit, il perd l?équilibre et tombe au-dessous du seuil de pauvreté. Mais quand il tombe, la loi générale est perturbée et la place de Moh doit être comblée, ce que ne manque pas de faire Mo, les pauvres étant aussi connus pour être impitoyables. Le système algérien marche ainsi : quand Mo mange des miettes, il tombe et Moh prend sa place. Quand Moh mange des miettes, il tombe et Mo prend sa place. Seul Moho ne change pas de statut, ce qui explique l?impression générale que ce sont toujours les mêmes qui sont riches. Au lieu de manger les miettes, il est évident qu?il vaut mieux manger Moho. Mais outre le fait qu?en cas d?émeute, c?est Mo qui est chargé de frapper Moh ou l?inverse, cela perturberait encore la loi générale qui explique qu?un Algérien sur trois doit être au-dessous du niveau de pauvreté. C?est une impossibilité thermodynamique complétée par la loi de finances nationale : rien ne se crée, rien ne se perd, tout se détourne.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)