Délaissés par leurs bailleurs de fonds et par une bonne partie de leurs militants, les islamistes s'enfoncent dans le néant.
Le Front de l'Algérie nouvelle, parti islamiste, n'a pas encore tranché sur la question relative à sa participation aux élections locales du 29 septembre prochain. Le président du FAN a déclaré hier, dans une conférence de presse tenue à Alger, que le conseil national réuni en session ordinaire le vendredi dernier a décidé de charger le bureau politique de trancher cette question. Délaissés notamment par leurs bailleurs de fonds et par une bonne partie de leurs militants, les partis islamistes s'enfoncent dans le néant, commentent les observateurs. Djamal Benabdeslam, le leader du FAN a fait savoir que sa formation réclame un soutien financier de l'Etat. A travers sa lettre adressée au chef de l'Etat, le FAN demande de mettre en place une seule commission de surveillance et de supervision des élections composée des représentants de partis politiques, l'ouverture du champ médiatique et le renouvellement des listes des encadreurs. Restés dans l'expectative, les islamistes ne chôment pas, loin s'en faut. La conjoncture leur permet de surfer sur la colère suscitée par le film jugé insultant à l'Islam, le démantèlement des marchés informels, et les effets des révoltes arabes. Il paraît que les formations islamistes s'observent et se regardent en chiens de faïence, à propos des locales. Hormis le PLJ de Abdallah Djaballah et le Front de changement de Abdelmadjid Menasra, qui ont clairement opté pour le boycott des consultations pour les locales de l'automne prochain, le triumvirat de l'Alliance de l'Algérie verte (AAV) à savoir El Islah de Hamlaoui Akouchi, En Nahdha de Fateh Rebeï et le chef de file, le MSP de Bouguerra Soltani, comme le FAN de Djamel Benabdeslam ne cesse de remettre à plus tard la décision de prendre part ou non à ces joutes électorales. Leur attitude cache mal leur appréhension à l'égard de cette compétition. La crise de conviction politique, la conception alimentaire de l'activité partisane et la tombée en disgrâce auprès du pouvoir en place des partis islamistes ayant surfé sur la vague verte, n'ont pas manqué de faire fuir cadres, militants et sympathisants vers d'autres partis.
Au-delà du «nomadisme» devenu un sport national, il semble que tout le monde y compris les partis islamistes, a la tête ailleurs. Ils se focalisent plutôt sur la présidentielle de 2014. Si elles n'entrent pas en jeu, les formations islamistes risquent de rester en stand-by jusqu'à l'élection présidentielle d'avril 2014. Par ailleurs, une semaine est accordée au bureau politique pour trancher, selon le président du parti. La décision est tributaire de l'évolution de la situation politique, le climat général ayant trait au déroulement de ces élections, et les dispositions pratiques qui seront prises à cet effet ainsi que l'objectif assigné par cette formation à ces élections. Pour rappel, «rien absolument rien ne nous encourage à prendre part à cette échéance», a annoncé d'emblée Djamel Benabdeslam à l'ouverture des travaux de son conseil national tenu le vendredi dernier à Alger. «Ils ont beau présenter plus de garanties sur la transparence de ces élections, personne ne leur donnera plus de crédit et n'y croira plus», ajoute-t-il. Estimant que la situation politique est «parvenue à une impasse». Comptant parmi les plus grands insatisfaits des résultats des élections législatives du 10 mai, qu'il considère comme «la plus grande mascarade dans l'histoire contemporaine de l'Algérie», le président du Front de l'Algérie nouvelle (FAN), affirme que le système politique a fini par «ôter toute crédibilité aux consultations électorales en tant que moyen de changement par les urnes». Le peuple algérien, selon lui, «est privé à jamais» de cet outil de compétition démocratique et pacifique.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed BOUFATAH
Source : www.lexpressiondz.com