Alger - Revue de Presse

Les investissements sud-coréens en Algérie en rase-mottes



25 entreprises présentes seulement sur les 65 000 que compte l'association coréenne du commerce international (KITA). L'engouement annoncé des investisseurs sud-coréens pour le marché algérien n'est pas avéré.

La règle des 51%-49% ne va pas éclaircir le tableau.

L'Algérie a peu chance de bénéficier en 2010-2011 du déploiement accéléré des entreprises sud-coréennes à l'international. Les investissements sud-coréens à l'étranger ont battu un nouveau record au quatrième trimestre de l'année dernière. Le total des acquisitions à l'étranger des entreprises locales a atteint, d'après la banque centrale du pays, pas moins de 10,2 milliards de dollars entre octobre et décembre 2009. La part de ce flux réservé au marché algérien demeure anecdotique avec, principalement l'engagement de LG dans la distribution de ses produits en Algérie (voir article ci-contre). Le stock des IDE sud-coréens en Algérie ne dépassait pas les 250 millions de dollars au premier semestre 2010. Mme Kim Sun-Hyun directrice au sein du département Global Business IT chez Korea Télécom, résume une perception prédominante aujourd'hui en Corée du sud. «Le climat de l'investissement n'est pas favorable aux opérateurs étrangers car le gouvernement a imposé la règle 51%-49% pour toutes les compagnies désirant investir en Algérie» déclare-t-elle sur le site du journal transaction.

L'illustration par Korea Telecom

Avec ses 19 millions d'abonnés au réseau de téléphonie fixe, 14,7 millions d'abonnés au réseau mobile et 6,7 millions d'abonnés Internet, Korea Telecom aurait pu être un partenaire de poids pour Algérie Télécom dans le développement du secteur des TIC, une filière qui compte pour 25% dans la croissance du PIB sud-coréen. Korea Telecom, privatisée en 2002, reste sur le seuil d'entrée à l'investissement direct en Algérie, à l'instar de nombreuses entreprises sud-coréennes engagées en Algérie de longue date dans des opérations de services, ou de réalisations. Korea Télécom réalise actuellement le design du réseau de télécommunication de la ville nouvelle de Sidi Abdellah qu'elle compte terminer avant la fin de l'année en cours pour y héberger la technologie FTTH et le «triple play». La directrice au sein du département Global Business de Korea Télécom se dit intéressée par le marché algérien des infrastructures TIC, en particulier le déploiement de la technologie WIMAX, et par les solutions IT «car l'Algérie est leader en Afrique et une porte d'entrée vers le continent».

 Du contrat de service, souvent important et étalé dans la durée, à l'investissement direct, le saut paraît plus difficile qu'ailleurs sur le marché algérien. Sur les 65 000 entreprises affiliées au KITA seuls 25 se sont implantées en Algérie, parmi lesquelles les incontournables Chaebols (Hyundai, Samsung, Daewoo, LG).

«Les acteurs locaux ne sont pas actifs»

Le directeur de la direction des analyses de l'association coréenne du commerce international (KITA), M Kwon YoungDai, reprend les propos communs sur l'attractivité supposée du partenaire Algérie. «Le marché est important et prometteur pour les entreprises coréennes. L'Algérie dispose de ressources énergétiques et financières considérables ainsi qu'une position géostratégique importante de par sa proximité avec l'Europe. C'est un acteur majeur dans la région de l'Afrique du Nord et de la Méditerranée». La conversion du potentiel ne suit manifestement pas. C'est encore Mme Kim Sun-Hyun de Korea Telecom, interrogée par notre confrère Faycal Medjahed, qui enfonce le clou : «L'Algérie possède un potentiel important de croissance avec 70% de la population jeune et une demande considérable pour l'accès Internet mais, les acteurs locaux ne sont pas actifs pour répondre à cette demande». La Task-force algéro-coréenne devrait se réunir en avril 2011 à Alger pour donner plus de contenus aux divers opportunités d'affaires. Il va sans dire qu'il concerne quasi exclusivement les investissements sud-coréens en Algérie. Il existe plus de 1000 projets d'IDE enregistrés en Corée du Sud, mais pas de provenance algérienne. Le volume des échanges commerciaux entre les deux pays devrait continuer à soutenir l'essentiel du flux d'affaires en attendant un flux de capitaux plus conséquent. L'Algérie a exporté en 2009 vers la Corée du Sud pour 370 millions de dollars de produits pétroliers, la pétrochimie (239 millions de dollars), le gaz liquéfié (48 millions de dollars) et le gaz naturel (23 millions de dollars) complètent une nomenclature des exportations exclusivement liée à l'énergie et ses dérivées. L'automobile avec 588 millions de dollars était le premier poste des exportations sud-coréennes vers l'Algérie en 2009, suivie des machines pour la construction (79 millions de dollars) et des produits de la sidérurgie (37 millions de dollars).


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)