
Il a donc fallu une nouvelle catastrophe pour que les responsables du pays se rendent compte que leurs promesses, sans cesse renouvelées mais rarement concrétisées, n'ont servi à rien et les campagnes médiatiques menées tambour battant autour des opérations de relogement ne servent finalement qu'à amuser une galerie déjà suffisamment garnie de fausses promesses.Alors que le wali d'Alger crie sur tous les toits et jure par tous les saints que les citoyens qui habitent dans des immeubles insalubres seront relogés à travers ce qui est présenté comme «la plus grande opération de relogement» depuis l'indépendance, le séisme de vendredi a démystifié tous ses plans. Des dizaines de familles résidant dans des immeubles qui menacent de s'effondrer au moindre mouvement de la terre risquent leur vie chaque jour pendant que d'autres, agissant parfois par le biais du chantage au bidonville ou grâce au népotisme ambiant, bénéficient de logements neufs.La visite effectuée vendredi matin par le ministre de l'Intérieur dans certains quartiers de la capitale montre au grand jour l'ampleur de l'incurie qui a gagné beaucoup de responsables à différents échelons de l'Etat. Cela a notamment démontré que, finalement, le choix des familles à reloger ne s'est pas fait sur des critères irréprochables. Preuve en est que les familles qui ont bénéficié, au soir du séisme, d'un nouvel appartement n'étaient pas toutes inscrites sur les registres de citoyens à reloger.Et pour ne rien arranger, le wali d'Alger, Abdelkader Zoukh, qui effectuait hier une tournée dans la capitale, a annoncé que l'Etat ne disposait que d'un quota de 82 000 logements à distribuer dans la capitale pour des besoins qui se chiffrent à près d'un million d'appartements. L'autre enseignement à tirer de ce tremblement de terre est l'incapacité des responsables à garantir l'application des lois de la République.La preuve est donnée par ces habitants ? pas tous ? de La Casbah qui ont squatté des habitations vétustes pendant des années, avant d'occuper l'espace public pour réclamer leur droit au logement. Les tares des autorités sont innombrables. Mais cette absence de l'Etat devient de plus en plus pesante. L'improvisation, érigée en mode de fonctionnement, risque de coûter cher. Surtout que là, il s'agit de sujets extrêmement sensibles comme peut l'être la question du logement.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ali Boukhlef
Source : www.elwatan.com