Aucune intention du ministère de l'éducation de supprimer l'enseignement de la langue tamazight des programmes scolaires. Comme toutes les autres matières, cette dernière a vu son volume horaire réduit en raison de l'application des plans exceptionnels imposés par le protocole sanitaire qui a imposé une révision des schémas pédagogiques. Explications de Abbas Moussa, inspecteur central au ministère de l'éducation nationale.Nawal Imés - Alger (Le Soir) - La publication de la circulaire portant sur la répartition des volumes horaires en prévision de la prochaine rentrée a été à l'origine d'une incompréhension. Des inspecteurs de la langue tamazight y ont vu la volonté d'exclure cette matière du programme scolaire. Pour le ministère de l'éducation, il ne s'agit ni plus ni moins, que d'une mauvaise interprétation.
Abbas Moussa, inspecteur central au niveau du ministère de l'éducation explique qu'il y a réellement eu réduction des volumes horaires mais que cette décision concernait l'ensemble des matières en raison de l'impérieuse nécessité d'adapter les plans d'apprentissage à la situation imposée par la situation épidémiologique. Notre interlocuteur explique en effet «nous sommes déjà dans une organisation pédagogique exceptionnelle pour la deuxième année consécutive. De ce fait, les divisions pédagogiques sont réparties en deux et nous fonctionnons avec des groupes qui ne dépassent pas 25 élèves.
Lorsque vous divisez une classe par deux, vous avez un double effectif. Et quand il s'agit ensuite de placer toutes les matières dans l'emploi du temps sur cinq jours, vous aurez un surcroît d'heures difficile à placer». C'est pour résoudre ce dilemme que le nombre de séances par matière a été réduit, dit-il affirmant que «cela explique la diminution des horaires de toutes les matières, et pas seulement de tamazight. Sont également concernés les mathématiques, le français et l'arabe, essentiellement les matières ayant un volume horaire assez conséquent, de façon à obtenir un équilibre entre un temps d'apprentissage indispensable par rapport au programme et une organisation réalisable et faisable dans les faits». Concrètement, explique l'inspecteur central, pour le cycle primaire, deux séances de 45 minutes de tamazight sont programmées, deux heures pour le cycle moyen et autant dans le secondaire avec au final, la diminution d'une heure comme c'est le cas pour les autres matières.
Cette diminution des volumes horaires n'aura-t-elle pas d'impact sur les apprentissages ' Abbas Moussa rassure, expliquant que «des séminaires et des ateliers sur les adaptations des programmes ont été organisés.
Dans ces ateliers, on a justement sélectionné les apprentissages fondamentaux, puisque dans un programme scolaire, il y a des choses essentielles et fondamentales et d'autres qui sont accessoires ou de l'ordre du rappel, et nous avons sauvegardé l'essence même du programme pour ne pas léser les apprentissages».
La veille, le Haut-Commissariat à l'amazighité avait annoncé qu'il avait saisi le ministère de l'éducation pour des éclaircisssments, et que «les deux parties ont convenu de tenir une rencontre de concertation dans les prochains jours pour examiner les voies de consécration d'un cadre de concertation permanant, dans la sérénité et dans un esprit de dialogue constructif, en sus de la prise des mesures nécessaires pour poursuivre le renforcement et la consécration de l'enseignement de tamazight, conformément aux engagements de l'état».
N. I.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nawal Imès
Source : www.lesoirdalgerie.com