Alger - Revue de Presse

Les événements du 08 mai 1845 ou le massacre des tribus algériennes



Ils s’en firent gloire. Tous... 5e partie Un historien français socialiste n’a pas hésité à écrire : «Les généraux élevèrent la dévastation à la hauteur d’une doctrine. Ils ne brûlèrent pas le pays en cachette et ne massacrèrent pas l’ennemi en faisant des tirades humanitaires. Ils s’en firent gloire, tous...» Officier durant la conquête de l’Algérie, le lieutenant-colonel de Montagnac écrit depuis Philippeville le 15 Mars 1843: «Toutes les populations qui n’acceptent pas nos conditions doivent être rasées. Tout doit être pris, saccagé, sans distinction d’âge, ni de sexe: l’herbe ne doit plus pousser où l’armée française a mis le pied. Qui veut la fin veut les moyens, quoiqu’en disent nos philanthropes. Tous les bons militaires que j’ai l’honneur de commander sont prévenus par moi-même que s’il leur arrive de m’amener un Arabe vivant, ils recevront une volée de coups de plat de sabre; (...) Voilà, mon brave ami, comment il faut faire la guerre aux Arabes: tuer tous les hommes jusqu’à l’âge de quinze ans, prendre toutes les femmes et les enfants, en charger les bâtiments, les envoyer aux îles Marquises ou ailleurs. En un mot, anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens». (Source: lettres d’un soldat par le lieutenant-colonel de Montagnac, Plon éd., Paris, 1885 réédité par Christian Destremeau, 1998.) Le général Pélissier enfermera des combattants de la tribu des Ouled-Riah dans une grotte et les fera périr «enfumés comme des bêtes puantes». Paradoxalement, c’est Bugeaud, ce dur soldat, qui flétrira, le mieux, pareilles pratiques, et, dans son dernier rapport au ministre de la Guerre, il rédigera la plus virulente diatribe anti-coloniale: «Vous envahissez leurs terres, en grande partie avec le rebut des nations d’Europe, en prétendant leur apporter la civilisation sous les haillons de ces misérables, introduits soit par le gouvernement, soit par les grands seigneurs à qui vous distribuez la terre des arabes. Vous resserrez ceux-ci chaque jour sur leur sol... Vous leur faites payer des impôts que, d’après la loi, ils ne doivent que pour leurs œuvres religieuses. Vous les soumettez à des corvées continuelles, soit pour approvisionner vos colonnes et vos places, soit pour labourer la terre de leurs étranges civilisateurs. Vous les faites marcher avec nous à la guerre pour combattre leurs frères. Par tous les points, vous blessez leurs mœurs, leurs intérêts, leur religion». Bugeaud qui avait, en 1845, ravagé plusieurs villages kabyles, accusés d’avoir seulement donné l’hospitalité à l’Emir, avouait avec la franchise du soldat têtu: «Nous avons beaucoup détruit, peut-être me traitera-t-on de barbare. Mais je me place au-dessus des reproches de la presse quand j’ai la conviction que j’accomplis une œuvre utile à mon pays». Quatorze divisions, entièrement équipées avec leur infanterie, leur cavalerie et leur artillerie, parcoururent le territoire dans toutes les directions, les unes agissant de concert, d’autres isolément, mais toutes écrasant, par le fer et le feu toute résistance, où qu’elle apparût. Les hommes étaient massacrés sans merci, les habitations brûlées sans pitié, les récoltes livrées à l’incendie, les fugitifs étouffés vifs dans des cavernes. Saint-Arnaud menait «la colonne infernale». Une fois de plus, l’Algérie éprouvait toute la force de la civilisation européenne, mais d’une civilisation entièrement dépourvue de cette charité qui devait en être la marque.   A suivre... Le Dr Chamyl Boutaleb El-Hassani  
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