Un séminaire ayant pour thème « Quel avenir pour les entreprises reprises par les salariés ? » se tient depuis hier et jusqu'au 15 du mois en cours au centre de vacances de la Mutualité générale des matériaux de construction (MGMC), à Zéralda, sur la côte ouest d'Alger. Ces journées d'étude sont organisées par la Confédération des entreprises algériennes (CGEA) et la Fédération des sociétés de travail de Catalogne (FESALC, Espagne), avec le soutien du ministère de l'Industrie et de la Promotion de l'investissement (MIPI). La rencontre intervient en conclusion du programme 2007 des activités du projet ESMESUD destiné au soutien et à la promotion des entreprises rachetées par les salariés dans le cadre du dispositif « RES ». Elle regroupe des représentants d'entreprises, institutions et organismes économiques et sociaux, universitaires et chercheurs, personnalités intéressées par le sujet. Les travaux de ce séminaire portent sur l'examen de l'état des lieux depuis l'application du dispositif RES, le débat sur les conditions de réussite des entreprises, la présentation de l'expérience vécue en Catalogne pour l'ancrage de ce type d'entreprise dans l'économie du pays. Ils tenteront de dégager les recommandations et les perspectives de consolidation du dispositif et des entreprises. Le projet ESMESUD (Economie sociale en Algérie de la Méditerranée du Sud) a pour objet de contribuer à la visibilité de l'économie sociale en Algérie (entreprises de salariés, par des activités d'information, de transfert d'expériences, de formation, etc.). Le séminaire, selon ses organisateurs, vise également à impulser, d'une part, le regroupement associatif des entreprises de salariés pour servir leurs intérêts communs en tant qu'opérateurs économiques, améliorer leur position sur le marché, et, d'autre part, susciter leur intégration dans les organisations de PME déjà existantes, dont notamment la CGEA. D'après M. Benmoufak Khaled, directeur du Centre d'étude et de recherche sur l'investissement et le développement en Algérie, le dispositif de rachat des entreprises par les salariés aurait pu être une réponse pour le maintien de l'activité industrielle dans le secteur manufacturier et du bâtiment, s'il s'était intégré dans une réelle volonté de maintien de l'outil industriel et de préservation de l'emploi. « Le dispositif juridique et organisationnel n'a pas été adossé à un dispositif de financement des entreprises », a-t-il déclaré en marge du séminaire, en ajoutant que le problème central des entreprises est la faiblesse de leur capital qui constitue, selon lui, l'une des caractéristiques du sous-développement et des économies à la traîne. Il faut savoir que le dispositif RES, datant de 2001, a permis la reprise de plus d'une centaine d'entreprises qui ont toutes été maintenues en activité, parmi lesquelles une quarantaine peuvent être considérées comme ayant réussi, ont admis hier certains séminaristes. Selon des sources proches du département de l'Industrie et de la Promotion de l'investissement, le ministère compte sérieusement relancer ce dispositif. Les salariés d'une quinzaine d'entreprises seraient en négociation avec le ministère de tutelle pour le rachat de leurs entreprises. Enfin, ces journées seront également l'occasion d'ouvrir le débat sur une éventuelle création d'une organisation des entreprise rachetées par les salariés afin d'être représentées auprès du gouvernement et défendre leurs intérêts.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Z Mehdaoui
Source : www.lequotidien-oran.com