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Les entreprises étrangères doivent être secondées par des architectes et des archéologues algériens



Les entreprises étrangères doivent être secondées par des architectes et des archéologues algériens
- Près de deux décennies de réhabilitation, depuis le classement de La Casbah d'Alger en 1992, comme Patrimoine mondial. Quel bilan faites-vous aujourd'hui 'En fait, depuis les années 1992, ce sont de petites opérations qui ont été menées sur le site historique. Pourtant, lors du classement au Patrimoine mondial, on avait exigé du gouvernement algérien de prendre en charge réellement la réhabilitation du site. Rien n'a été fait. La Casbah a été ballottée entre différents départements (gouvernorat, ministère de la Culture, et maintenant wilaya d'Alger.) Cela dénote d'un malaise évident. Pourtant ce n'est pas faute d'avoir durant les années de vaches grasses bénéficié d'enveloppes conséquentes, on parle de dizaines de milliards de dinars. Le résultat est navrant. Des maisons délabrées qui s'écroulent, faute de restauration ou de travaux d'urgence.- La Casbah d'Alger a bénéficié de plusieurs programmes, selon vous, qu'est-ce qui empêche la médina de devenir une destination touristique prisée au c?ur du Maghreb 'En effet, La Casbah depuis 1962 a été une préoccupation des pouvoirs publics. Depuis le Comedor à la wilaya, en passant par l'Atelier Casbah, L'Ofirac, le ministère de la Culture, elle est passée de main en main sans qu'une réelle prise en charge soit effectuée. Du seul point de vue des archives, qui utilisent les différents relevés architecturaux réalisés par les différents organismes ' Personne. On efface tout et on recommence. Donc, nous faisons du surplace.Les associations sont réduites à suppléer les services de la voirie pour le ramassage des ordures. Aussi quand on promène des touristes dans La Casbah (car c'est la première chose qu'ils vous demandent), on est gênés quand on passe par des quartiers en ruine où l'on voit de vieux madriers soutenir des façades sur le point de tomber. Immanquablement, ils vous disent : «Vous avez un joyau, pourquoi vous ne vous en occupez pas, vous le laissez en ruine !»- Que faut-il concrètement faire pour conscientiser les pouvoirs publics sur le fait que la sauvegarde de La Casbah est l'affaire de tous, et non pas uniquement des services de la wilayas et des entreprises étrangères 'Vous savez le mal est très profond, car le constat fait pour La Casbah se généralise partout. Prenez le cas de Tlemcen où l'on a dépensé des sommes colossales pour l'événement «Tlemcen capitale arabe». A ce jour, le quartier de Bab Zir est toujours éventré. Je viens de voir des photos de Honaine, la ville natale de Abdelmoumen Ben Ali, le fondateur de la dynastie almohade où des maisons sont construites sur le rempart.C'est à pleurer. Ou encore une photo d'un des rares fondouks du Moyen-Âge de Tlemcen, dont la cour est partagée par un mur de parpaing. Où sont les autorités locales et nationales ' Sont-elles conscientes des trésors archéologiques de leur wilaya. Pour Alger, c'est plus grave, car c'est une capitale, et La Casbah doit être une vitrine. Oui, le patrimoine est l'affaire de tous, et il ne doit pas représenter la dernière roue de la charrette de la culture. Je pense que c'est une erreur de confier à la wilaya de telles responsabilités.Elle a suffisamment à faire avec les immeubles modernes. Les entreprises étrangères, si elles ont un certain «know how», doivent être secondées véritablement par des architectes et des archéologues algériens, car il s'agit de notre histoire. Les pouvoirs publics doivent comprendre que du seul point de vue économique, les sites historiques sont rentables à plus d'un titre.Prenez le cas de Tipasa. La population d'Alger se déplace en foule vers ce site. Elle y mange, achète. C'est de la rentrée d'argent par rapport à une wilaya comme Boumerdès qui est pratiquement à égale distance et qui ne reçoit pas de visiteurs d'Alger. La culture génère de l'argent. C'est évident.
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