Alger - A la une

Les enseignants du primaire ne veulent pas renoncer



La Coordination des enseignants du primaire réaffirme de semaine en semaine, son profond attachement aux revendications qu'elle soulève depuis le mois d'octobre dernier. Hier lundi encore, des dizaines d'enseignants ont tenté de battre le pavé et de tenir un rassemblement devant l'annexe du ministère de l'Education nationale sise au Ruisseau. Mais c'était peine perdue. Les forces de l'ordre étant déployées massivement, ont empêché le déroulement du sit-in, interpellant au passage un nombre important de contestataires.Massiva Zehraoui - Alger (Le Soir) - Comme ils ont l'habitude de faire chaque lundi, de nombreux enseignants du primaire s'apprêtaient à tenir un sit-in, afin d'inciter la tutelle à répondre à une série d'exigences, formulée depuis des semaines.
Alors que ces derniers commençaient à affluer sur les lieux dans la matinée, et à mesure que la foule grossissait, les forces de l'ordre sont aussitôt intervenues pour disperser les manifestants.
Tentant de résister, une très grande partie des protestataires a fini dans les fourgons de la police. Vers les coups de 10h déjà, tous les manifestants ont été chassés du lieu du rassemblement, pour ne laisser que des groupes de policiers qui sécurisaient le périmètre.
Les enseignants rencontrés sur place ont indiqué qu'ils avaient l'intention d'initier une grande marche, mais que les forces de l'ordre, en anticipant, ont conduit plusieurs représentants de la Coordination au poste de police. D'aucuns se disent «attristés» d'assister «impuissants» à ce genre de situation. Ils reprochent, par conséquent, au ministre de l'Education nationale de continuer à « faire la sourde oreille. Nous avons besoin de comprendre ce silence radio», a déploré une jeune enseignante qui affirme s'être déplacée depuis la wilaya de Tébessa pour prendre part au rassemblement.
Celle-ci s'est montrée particulièrement «froissée» par ce qu'elle considère être de «l'indifférence» vis-à-vis de revendications socioprofessionnelles portées par les enseignants.
Appuyant sa cons?ur, un autre enseignant d'Alger, a fait savoir que la tutelle «ne fait que sanctionner les grévistes sans daigner prendre le temps d'étudier leur plateforme de revendications». II tient à souligner que ce n'est pas parce que la Coordination ne dispose d'aucune couverture syndicale que les préoccupations qu'elle a soulevées ne méritent pas d'être prises en charge. «On ne fait que demander nos droits les plus fondamentaux, le droit des travailleurs», a-t-il estimé. Evoquant la probable radicalisation de leur mouvement de protestation, celui-ci explique : «Plus les responsables nous ignorent, et plus nous sommes déterminés à aller au bout.»
II juge qu'au vu de la situation, «nous sommes obligés de passer à un autre stade de la protestation». Car, juge-t-il, il s'agit de l'avenir de tout un secteur, «dont les failles ne cessent de s'accentuer», ajoutant que les conséquences n'en seront que plus préjudiciables, aussi bien pour les enseignants que pour les élèves.
Pour quelques membres de la Coordination, « il est hors de question de mettre fin à la contestation». Ces derniers comptent ainsi mettre la pression sur les responsables du département de l'éducation jusqu'à avoir gain de cause. Face à cette détermination, la tutelle oppose un rejet catégorique à l'idée de lancer des discussions avec la Coordination des enseignants, en avertissant tout frondeur de sévères sanctions. Un retour, perçu par la Coordination comme «du mépris».
Rappelons que les réclamations des enseignants tournent autour de «La modification du statut particulier, de sorte à reclasser les enseignants du secondaire, du moyen et du primaire au même grade de base, la diminution du volume horaire des instituteurs, l'application immédiate du décret présidentiel 266-14 avec effet rétroactif depuis sa promulgation en 2014, et la création de nouveaux grades d'enseignants pour les matières scientifiques, littéraires et l'éducation physique».
M. Z.
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