Après plus d'une année d'effacement, en raison d'une grave crise qui a traversé le parti, le conseil national du FFS s'est réuni, hier vendredi, en session extraordinaire à Alger. Cette réunion, qui s'est tenue en dehors du siège national, occupé par des adversaires de la nouvelle direction, a été l'occasion pour l'instance présidentielle issue du dernier congrès extraordinaire de renouveler ses engagements pour la « réforme » du vieux parti de l'opposition.Karim Aimeur - Alger (Le Soir) - Pour l'instance présidentielle (IP), cette session extraordinaire du conseil national réhabilite cette instance, souveraine entre deux congrès, comme organe incontournable et important dans le fonctionnement du parti.« Il est utile de rappeler ici que notre conseil national, à l'instar d'autres structures du FFS, n'a pas pu fonctionner durant plus d'une année à cause d'une crise interne qui a sérieusement porté préjudice à l'image du parti dans l'opinion publique, et a fortement ébranlé la cohésion de nos rangs », a souligné l'instance présidentielle dans un discours prononcé à l'ouverture des travaux. Et de réitérer ses engagements à réintroduire la sérénité, le débat contradictoire, ainsi que l'autorité et la discipline militante au niveau de tous les segments du parti.
En résumé, l'IP aspire à asseoir un climat propice pour l'exercice partisan, surtout que le parti a décidé de mener une démarche de consensus national et s'apprête à célébrer le 57e anniversaire de sa fondation.
« Indéniablement, cette commémoration sera particulièrement chargée d'une vive émotion et d'un lourd sentiment de haute responsabilité. Car elle nous rappellera, fortement, les sacrifices et l'?uvre de ceux qui ont fondé le premier mouvement politique dressé contre la dérive autoritaire de ceux qui ont détourné et contrarié les ambitions et les objectifs de la guerre de la Libération nationale.
Mais surtout, elle nous mettra en demeure de continuer à nous battre et à travailler sans relâche, pour préserver ce patrimoine historique et politique légué par feu Hocine Aït Ahmed, Allah yerahmou, ainsi que ses compagnons de lutte », a ajouté l'IP.
Les membres de cette instance, qui ?uvrent à réunir les conditions de la tenue du 6e congrès ordinaire du parti, se disent confiants et rassurés de leur capacité commune à transcender les obstacles et les écueils pour entretenir cette dynamique de rassemblement et de communion héritée du dernier congrès national extraordinaire. Dans cette perspective, ils appellent les militants à mettre de côté les rivalités marginales et à absoudre définitivement les réflexes d'exclusion, de rancune et de défiance des instances légitimes du parti et des textes statutaires qui régissent son fonctionnement.
Et d'affirmer que l'IP sera garante de l'autonomie de décision du parti en toutes épreuves et en toutes circonstances, soulignant qu'aucune « force et aucun stratagème ne pourront détourner notre arti de ses valeurs et ses principes politiques et fondateurs ».
Pour un dialogue inclusif
Ceci sur le plan organique. Sur le plan politique, l'IP a exprimé l'attachement du parti à la reconstruction du consensus politique national, « comme option politique sincère, responsable et porteuse pour endiguer la crise multiforme qui mine notre pays depuis des décennies ». Elle a mis en garde le pouvoir en place sur les risques d'échecs à vouloir imposer, d'une manière unilatérale et autoritaire, une feuille de route politique et un référendum pour adopter une nouvelle Constitution pour le pays, que seule une Assemblée nationale constituante a la légitimé d'élaborer.
Et d'accuser le système actuel de gouvernance d'ignorer les revendications légitimes du peuple algérien sur le plan politique, économique et social. « Alors que la crise sanitaire s'aggrave et que ses conséquences sur le plan de l'emploi et du pouvoir d'achat des citoyens s'amplifient et touchent toutes les catégories de la population, cette gouvernance se contente de mesures conjoncturelles et superficielles, alors que la sortie de la crise multidimensionnelle actuelle requiert des réformes structurelles et systémiques de l'Etat et de ses institutions », estime l'IP du FFS. Exigeant la libération, « sans délai, de tous les prisonniers politiques et les détenus d'opinion », le FFS n'a pas manqué de dénoncer « le recours à la répression policière et judiciaire pour museler et éteindre les voix qui réclament, d'une manière pacifique et responsable, leur droit à s'exprimer et à manifester ».
Abordant le référendum pour la révision de la Constitution du 1er novembre, le FFS a condamné un régime qui « a décidé de reconduire la politique des passages en force pour se perpétuer ». Il considère que seul un Etat démocratique fort de la légitimité populaire, garant d'une émancipation, politique, sociale et économique de son peuple est en mesure de préserver la souveraineté nationale, plaidant pour l'amorce d'un véritable dialogue inclusif, sincère et responsable.
K. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim Aimeur
Source : www.lesoirdalgerie.com